Loi santé: l’Ordre médecins exige du « concret » dans la réécriture du texte

Le président de l’Ordre des médecins a estimé que « trop de temps avait déjà été perdu » dans la réécriture du projet de loi santé, décrié dans le monde médical, exhortant la ministre de la Santé à « entrer dans le concret ».

« Madame la ministre », Marisol Touraine, « entrons dans le concret, nous avons déjà perdu trop de temps! ». « Ecoutez-nous et écoutez les structures syndicales représentatives », a lancé lors de la présentation des vœux de l’Ordre le Docteur Patrick Bouet.

Depuis sa présentation en octobre, le projet de loi santé s’attire les critiques du monde médical et les foudres de syndicats de médecins engagés dans un mouvement de grève depuis Noël. L’Ordre des médecins avait déjà critiqué le texte, porteur selon lui « des germes de l’étatisation du système de soin », demandant avec succès le report de son examen au Parlement. Prévu début 2015, l’examen n’interviendra pas avant le printemps.

Jeudi, le président de l’Ordre a exigé à nouveau un « véritable travail de réécriture globale du texte » et la remise en cause « de sa philosophie générale », celle d’une médecine « réglementée et administrée ». « La gouvernance en région, la démocratie sanitaire, la progressivité de la mise en place du tiers payant généralisé », sont « autant de points sur lesquels nous ne cèderons pas », a assuré M. Bouet.

Les médecins refusent notamment que les pharmaciens puissent faire des vaccinations et critiquent le rôle trop important accordé, selon eux, aux agences régionales de santé, au détriment des acteurs libéraux.

Devant la fronde, Marisol Touraine avait rouvert les discussions en décembre. Elle a annoncé la constitution de groupes de travail, notamment sur la généralisation du tiers payant. « Mais la concertation annoncée a trop tardé. (….) On ne peut plus se contenter de parler en tête à tête » dans des réunions bilatérales. « Nous attendons des propositions précises », a dit M. Bouet.

Le président de l’Ordre a par ailleurs énuméré les grands défis de 2015: l’accompagnement de la fin de vie, qui doit faire l’objet d’une loi que l’Ordre « appelle de ses vœux ». « Les médecins doivent accompagner la souffrance » des patients « mais ne peuvent donner la mort », a-t-il rappelé.

La transparence vis-à-vis des laboratoires pharmaceutiques, « tant attendue depuis l’affaire +Mediator+ », sera un autre sujet majeur, de même que la e-santé.