Une étude clinique australienne montre qu’en une semaine, une alimentation à faible contact plastique peut faire baisser plusieurs marqueurs urinaires.
En bref
- Sept jours ont suffi pour faire baisser plusieurs marqueurs
- L’effet le plus net vient des aliments peu exposés
- Les bénéfices de santé restent à confirmer
Jusqu’à 60 % de baisse en sept jours. C’est le résultat le plus parlant d’un essai clinique mené en Australie, publié dans Nature Medicine, sur une question très concrète, ce que le plastique de nos emballages et de nos cuisines laisse dans l’organisme.
En une semaine, des baisses nettes sur plusieurs marqueurs
L’équipe de l’Université d’Australie-Occidentale, dirigée par Michaela Lucas, a conduit un essai randomisé contrôlé auprès de 60 participants. Pendant sept jours, certains ont suivi une intervention destinée à réduire au maximum le contact des aliments avec le plastique. Ensuite, les chercheurs ont mesuré dans les urines plusieurs substances liées aux plastiques, surtout des phtalates et des bisphénols comme le BPA et le BPS.
Résultat, pas sur tout, mais sur plusieurs marqueurs importants. Dans le groupe ayant reçu des aliments peu exposés au plastique et du matériel de cuisine sans plastique, le mono-n-butyl phtalate a baissé de 38 %, le monobenzyl phtalate de 54 %, et le BPA de 60 % par rapport au groupe témoin.
Le vrai levier, c’est surtout l’alimentation et la cuisine
Les chercheurs ont testé quatre approches. L’une portait sur des aliments produits, transformés, emballés et livrés avec le moins de contact plastique possible. Une autre ajoutait des ustensiles et équipements de cuisine sans plastique. Une troisième concernait des produits d’hygiène personnelle à faible exposition. Et un dernier groupe combinait le tout.
C’est là que l’étude devient utile pour vous. Le levier le plus fort n’a pas été les shampoings ou autres produits du quotidien, mais bien ce qu’on mange et comment on le prépare. Amelia Harray, coautrice, explique que les diététiciens ont travaillé avec plus de 100 agriculteurs et producteurs pour réduire l’exposition du champ à l’assiette. Les participants pouvaient pourtant continuer à manger des pâtes, de la viande, des salades, du chocolat, des fruits ou des snacks. Pas de régime punitif, donc.
Ce que l’étude dit, et ce qu’elle ne dit pas encore
Avant cet essai, l’équipe avait étudié 211 personnes. Toutes excrétaient au moins six métabolites de substances liées au plastique un jour donné. Une exposition généralisée, clairement. Les niveaux les plus bas apparaissaient chez ceux qui consommaient rarement des aliments très transformés, du fast-food, des produits en emballage plastique ou des plats chauffés au micro-ondes dans du plastique.
Mais il faut garder la tête froide. Cette étude montre une baisse rapide de certains marqueurs, pas une preuve directe de bénéfice clinique. Les phtalates et bisphénols ont des demi-vies courtes, ils sont donc éliminés assez vite. En revanche, on ne connaît toujours pas le niveau réellement sûr dans le corps, ni l’effet exact à long terme. Des études épidémiologiques les ont associés à l’infertilité, au syndrome métabolique et aux maladies cardiovasculaires, sans prouver à elles seules la causalité.
Ce que ça change, quand même, est simple. L’étude suggère qu’une partie de l’exposition passe par l’alimentation et la cuisine, et qu’elle peut baisser vite si toute la chaîne suit.