En Espagne, 26,4 % des enfants de 5 à 7 ans sont myopes. L’étude relie cette hausse au temps passé de près et à l’usage plus fréquent des écrans.
En bref
- 26,4 % des 5-7 ans sont myopes
- Les activités de près sont associées au risque
- Le cap des 30 % menace d’ici 2030
Si la tendance récente se prolonge, la myopie pourrait toucher 30 % des enfants en 2030 en Espagne. Ce n’est pas un détail statistique. À cet âge, on parle déjà de la vision du quotidien, de l’école, et d’un trouble qui peut progresser avec les années.
Une trajectoire qui ne ralentit pas
Le nouveau Baromètre de la myopie infantile, réalisé à partir de données recueillies en 2024 et 2025, estime que 26,4 % des enfants de 5 à 7 ans sont myopes. Autrement dit, un peu plus d’un sur quatre. Le travail a été mené par la Fondation ALAIN AFFLELOU avec l’Université Complutense de Madrid, et il conclut que l’affection continue de progresser chez les mineurs dans le pays.
Le temps passé à voir de près pèse lourd
Ce qui ressort surtout, c’est le lien entre certains habitudes quotidiennes et une fréquence plus élevée de myopie. Cristina Álvarez Peregrina, professeure et chercheuse à l’Université Complutense de Madrid, explique que les données montrent une prévalence plus forte chez les enfants qui consacrent davantage de temps aux activités de vision rapprochée et aux appareils numériques.
Les chiffres vont dans ce sens. La myopie concerne 14,8 % des enfants qui passent jusqu’à deux heures par jour sur ce type d’activités. Elle monte à 20,7 % chez ceux qui dépassent trois heures par jour. Prudence quand même, l’étude met en évidence une association, pas une preuve mécanique de cause à effet.
Les écrans aggravent la tendance
Quand on isole la place des écrans dans ce temps de près, le signal reste net. La myopie touche 16,5 % des mineurs qui utilisent des écrans pendant moins d’un quart du temps consacré aux activités rapprochées. Elle grimpe à 20,3 % chez ceux qui passent plus de la moitié de ce temps devant des dispositifs numériques.
Bon, on voit l’idée. Tous les temps de lecture ou de travail de près ne se valent pas forcément, et la part prise par les écrans compte visiblement dans le tableau général.
Pourquoi le repérage précoce compte
Pour Ana Díaz, opticienne-optométriste et responsable formation chez ALAIN AFFLELOU, les familles peuvent agir sur la routine, en limitant le temps continu devant les écrans, en favorisant des pauses visuelles pendant les activités de près et en encourageant le temps passé dehors. L’objectif, explique-t-elle, est de protéger la santé visuelle tôt et de réduire le risque de progression.
L’autre point, très concret pour les parents, concerne les contrôles visuels réguliers. Ils permettent de repérer la myopie, mais aussi les situations de pré-myopie, avec à la clé un suivi plus individualisé et des mesures destinées à mieux contrôler l’évolution du trouble.