Le président du Leem, la Fédération de l’industrie pharmaceutique, Patrick Errard a appelé jeudi à « un dialogue refondé » avec les pouvoirs publics, huit mois après la suspension de sa participation au Comité stratégique des industries de santé (CSIS).
M. Errard a insisté sur trois priorités: « l’attractivité, l’innovation, l’efficience » du secteur pharmaceurique.
Mais « on ne peut pas atteindre cet objectif avec des méthodes qui n’ont pas fonctionné, donc il faut repenser la méthode et le dialogue qui va avec », a-t-il lancé lors des voeux à la presse du Leem. « Il y a un problème urgent (…) de préserver l’outil industriel » et « d’attirer l’outil que nous n’avons pas encore sur notre territoire, celui des biotechnologies », a affirmé M. Errard.
Les investissements industriels dans le secteur ont reculé de 120 millions d’euros en trois ans et « 40.000 emplois sont menacés », a-t-il déclaré. Et sur les 130 nouvelles molécules enregistrées en Europe entre 2012 et 2014, seulement 8 sont fabriquées en France, a-t-il ajouté.
« Préserver l’outil industriel » est « d’abord une question de compétitivité » tandis qu’attirer la bioproduction, « c’est une question d’attractivité », a-t-il souligné.
« Comment peut-on accepter que seulement 3% des anticorps monoclonaux consommés en France soient produits en France? », a demandé Patrick Errard, en parlant de « constat d’échec ». Le patron du Leem a écrit en ce sens au Premier ministre pour proposer « un dialogue refondé » avec l’Etat dans lequel le Comité stratégique des industries de santé (CSIS) serait « la clé de voute » d’une stratégie des enjeux de santé et le « garant d’une régulation pluriannuelle », a-t-il expliqué.
C’est à la mi-décembre que la fédération a décidé de relancer ce dialogue, a-t-il indiqué. Une décision qui marque une rupture avec la suspension, décidée en mai 2014, de sa participation aux travaux du CSIS et du comité stratégique de filière (CSF) pour protester contre les « économies sur le médicament » dans la politique de santé.
« Nous serons engagés avec énormément d’énergie dans les travaux » à venir, a-t-il assuré. M. Errard a plaidé pour « une politique conventionnelle renouvelée » en refusant « une étatisation de la régulation ». De son côté, Philippe Tcheng, en charge des questions économiques au Leem, a indiqué que le marché pharmaceutique français devrait être en croissance de 2 à 3% en 2014, mais essentiellement tiré par les ventes du Sovaldi, le traitement de l’hépatite C de Gilead.
Hors cet élément, le marché du médicament de ville remboursé serait en recul de 2%, pour la troisième année consécutive, selon les chiffres provisoires qu’il a présentés.