Pourquoi un repas copieux peut nuire à votre cœur, selon des cardiologues

Image d'illustration. Des femmes lors d'un repas festifADN
Après un repas copieux, le cœur est mis à rude épreuve : les artères perdent en élasticité et une grande quantité de sang est détournée vers le système digestif, des phénomènes préoccupants pour la santé cardiovasculaire selon des cardiologues.
Tl;dr
- Un repas riche fatigue temporairement le cœur.
- Risques accrus pour personnes avec antécédents cardiaques.
- Manger modérément limite ces effets indésirables.
Repas de fête : quand l’abondance pèse sur le cœur
Chaque année, la saison des fêtes ramène son lot de traditions et de grandes tablées, où les plats copieux se succèdent. Pourtant, derrière cette convivialité, certains signaux d’alerte méritent l’attention. Les cardiologues tels que Dr Rahul Gupta, directeur du service de cardiologie à l’hôpital Gleneagles de Parel, tirent la sonnette d’alarme : un unique repas trop riche peut provoquer un stress considérable sur le système cardiovasculaire – particulièrement chez ceux présentant déjà des facteurs de risque comme une hypertension artérielle ou un taux élevé de cholestérol.
Mécanismes en jeu lors d’un festin copieux
Lorsque l’on s’offre ce genre d’excès, l’organisme réagit immédiatement. Selon les explications du Dr Tamiruddin Danwade, cardiologue interventionnel à Medicover Hospitals, il s’agit même « d’une tempête parfaite > » pour le cœur. En effet, après un repas lourd, une quantité importante de sang afflue vers le système digestif au détriment du cœur, qui doit alors redoubler d’effort et accélérer sa cadence pour compenser ce déséquilibre soudain. Résultat : une élévation temporaire du rythme cardiaque et de la tension artérielle – un cocktail risqué pour toute personne vulnérable.
Coup de projecteur scientifique sur les dangers méconnus
Loin des simples hypothèses, plusieurs études ont mis en lumière ces effets. Ainsi, des travaux publiés dans le *Journal of the American College of Cardiology* révèlent qu’un seul repas riche en matières grasses suffit à « diminuer sensiblement la vasodilatation endothéliale dans les heures qui suivent ». Concrètement, cela signifie que les artères deviennent momentanément plus rigides, compliquant la tâche du cœur. Autre donnée frappante : selon la *New England Journal of Medicine*, le risque d’infarctus est multiplié par quatre dans les deux heures suivant un excès alimentaire chez des sujets à risque.
Pour résumer simplement les mécanismes en cause :
- L’afflux sanguin vers le tube digestif mobilise le cœur qui doit battre plus vite.
- L’irruption rapide des graisses et sucres dans le sang irrite la paroi des vaisseaux.
- L’apport massif en sel favorise la rétention d’eau et fait grimper la tension.
Manger malin pour passer les fêtes sans tracas cardiaques
Les recommandations convergent toutes vers une même idée : si profiter fait partie de la fête, rester attentif à ses portions demeure primordial pour éviter tout incident. Privilégier une assiette équilibrée (légumes en début de repas), bouger après avoir mangé – vingt minutes suffisent –, rester hydraté et ne pas interrompre ses traitements sont autant de gestes simples qui protègent durablement le cœur. Bref, comme le rappelle avec bon sens le Dr Danwade, « C’est avant tout l’excès ponctuel qui pose problème – mais il est évitable avec un minimum d’attention. »
