Souvent silencieux, le prédiabète touche des millions de personnes. Son lien avec le surpoids aide à comprendre pourquoi agir tôt change la suite.
En bref
- Le prédiabète touche déjà des millions d’adultes
- Le surpoids reste un facteur majeur
- Agir tôt peut parfois normaliser la glycémie
Plus de 541 millions d’adultes vivent avec un prédiabète dans le monde. Au Royaume-Uni, cela concerne près d’une personne sur huit, soit 6,9 millions de personnes. Aux États-Unis, c’est plus d’un tiers des adultes. Le point important, c’est qu’on parle d’un trouble souvent silencieux, mais pas bénin.
Un signal discret, mais loin d’être anodin
Le prédiabète correspond à une glycémie plus élevée que la normale, sans atteindre le seuil du diabète et, souvent, sans symptôme. Le NHS retient notamment une HbA1c entre 42 et 47 mmol/L, soit 6,0 % à 6,4 %.
Ce n’est pas juste une case sur une prise de sang. Une méta-analyse de 2020 portant sur 129 études et plus de 10 millions de personnes a associé le prédiabète à un risque accru de décès de 13 %, de maladie cardiaque de 16 % et d’AVC de 14 %. Et chaque année, 5 à 10 % des personnes concernées basculent vers un diabète de type 2.
Le vrai moteur, c’est souvent la résistance à l’insuline
Le corps transforme surtout les glucides en glucose. En temps normal, le pancréas libère de l’insuline pour faire entrer ce glucose dans les cellules. Avec le diabète de type 2, qui représente environ 90 % des cas, les cellules répondent moins bien à cette hormone. C’est la résistance à l’insuline.
Selon Emma Pike de Diabetes UK, les facteurs de risque sont nombreux, âge, antécédents familiaux, précarité sociale ou prédisposition génétique chez certaines populations. Mais l’un des plus puissants reste l’obésité. Amanda Avery, de l’Université de Nottingham, décrit un cercle vicieux : trop de graisse perturbe le métabolisme, le pancréas force, puis s’épuise peu à peu.
Pourquoi les cas montent presque partout
L’explication ne tient pas seulement à l’individu. Amanda Avery parle d’un environnement obésogène. On bouge moins, les portions ont grandi, et les aliments ultra-transformés, peu chers, très caloriques et pauvres sur le plan nutritionnel, sont partout.
Jason Fung rappelle que les taux mondiaux d’obésité ont triplé depuis 1975. Bon, le parallèle avec la hausse du prédiabète et du diabète de type 2 n’a rien de surprenant.
Une fenêtre d’action existe encore
C’est là que le message devient plus utile que culpabilisant. Andreas Birkenfeld, de l’Institut de recherche sur le diabète et les maladies métaboliques de Helmholtz Munich, explique qu’avant le diabète déclaré, le retour à une santé métabolique est plus accessible.
Perte de poids, meilleure alimentation, activité physique, les grandes lignes sont connues. Et, chez certaines personnes, cela peut suffire à ramener la glycémie à la normale. Le cas de Oprah Winfrey l’illustre : après un diagnostic de prédiabète en 2015, elle a expliqué à People avoir changé durablement de mode de vie. Ses taux de sucre sanguin sont ensuite revenus à la normale. Pour vous, la leçon est simple : le diagnostic précoce change vraiment la suite.