Le sommeil ne doit pas passer après le reste, rappellent plusieurs experts. Leur message va plus loin, jusqu’aux habitudes qui protègent le cerveau.
En bref
- Le sommeil doit passer avant les tâches
- Le cerveau se protège aussi par les habitudes
- Écrans, alimentation et liens sociaux comptent
On parle souvent de santé cérébrale comme d’un sujet lointain. Là, le message est beaucoup plus simple. Ce que vous faites chaque jour, l’heure du coucher, les repas, les conversations, peut peser sur le long terme.
Le sommeil n’est pas la variable d’ajustement
Pour la psychologue et spécialiste du sommeil Nuria Roure, il faut arrêter de traiter le sommeil comme ce qu’il reste une fois tout le reste terminé. Lors de la présentation du livre The Mind Guardian: El ecosistema que cuida nuestra salud cerebral, elle a rappelé que dormir est un facteur de santé à part entière, avec un rôle réparateur nuit après nuit.
Dit autrement, organiser sa journée en sacrifiant le repos en dernier n’est pas anodin. C’est même l’inverse de la logique défendue ici.
Vieillissement, nuits courtes et faux sentiment d’habitude
Avec l’âge, on entend souvent qu’on aurait besoin de moins dormir. Nuria Roure a contesté cette idée. Ce que montrent les travaux qu’elle cite, c’est plutôt qu’un sommeil trop court ou de mauvaise qualité est associé à un vieillissement plus rapide.
Elle a évoqué des études s’appuyant sur les télomères de l’ADN, utilisés comme indicateur biologique lié au vieillissement. Prudence quand même, on parle ici d’un lien observé dans des recherches, pas d’une preuve mécanique à elle seule. Mais le signal est clair, les personnes dormant moins bien auraient aussi une espérance de vie plus faible.
Réveils nocturnes, l’horloge peut aggraver l’anxiété
Petit conseil très concret, et pas mal utile si vous vous réveillez la nuit. Selon Nuria Roure, regarder l’heure en plein milieu de la nuit augmente l’activation mentale et l’anxiété.
Bon, l’idée n’est pas compliquée. On règle le réveil, puis on évite de vérifier l’heure à 3 heures du matin. Ce réflexe banal peut entretenir le stress au moment même où il faudrait redescendre.
Un livre et une application pour agir avant les troubles
Le livre a été présenté par Samsung et la confédération CEAFA, à l’occasion de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer. L’ouvrage réunit des spécialistes de neurologie, de nutrition, de mouvement, de sommeil et de neurosciences cognitives.
Il prolonge le projet The Mind Guardian, avec une application destinée à explorer certaines fonctions cognitives chez les plus de 55 ans. La directrice marketing et communication de Samsung Espagne, Elena Fernández, a expliqué que l’objectif était d’aider davantage de personnes à prêter plus tôt attention à leur santé cérébrale. Les bénéfices nets du livre iront à CEAFA.
Des habitudes qui tiennent vraiment dans le temps
Ce qui ressort du reste des interventions, c’est une idée de fond. Pour Manuela Rodríguez, mieux vaut ancrer les comportements de santé dans l’identité que compter seulement sur la motivation, qui baisse avec le temps.
Le directeur exécutif de CEAFA, Jesús Rodrigo, a insisté sur la prévention par l’alimentation, l’activité physique et la socialisation. De son côté, le nutritionniste Aitor Sánchez a rappelé la place des produits végétaux frais, des graisses de qualité et de l’huile d’olive. Enfin, Marta Romo a défendu la réserve cognitive, nourrie aussi par les échanges quotidiens, tout en alertant sur les écrans qui occupent ces temps vides où le cerveau traite, trie, respire. Concrètement, ça change une chose, protéger son cerveau commence bien avant la maladie.