Une étude sur près de 1 700 adultes relie la somnolence diurne, surtout avec un endormissement lent, à un risque plus élevé d’hypertension.
- La somnolence diurne est liée à l’hypertension
- Le risque grimpe avec un endormissement lent
- L’étude ne prouve pas une causalité
Sur 7,5 ans de suivi, les adultes qui disent souffrir de somnolence diurne excessive présentent des risques d’hypertension nettement plus élevées. Et quand l’endormissement prend plus de 30 minutes, le signal devient encore plus marqué.
Des hausses nettes dans le suivi
L’étude s’appuie sur environ 1 700 adultes du Penn State Adult Cohort, tous passés par un enregistrement du sommeil sur huit heures en laboratoire. Les chercheurs ont regardé deux situations, les personnes déjà hypertendues au départ et celles qui l’ont développée ensuite.
Résultat, les participants rapportant une forte envie de dormir dans la journée avaient 52% de risque en plus d’hypertension prévalente et 74% de risque en plus d’hypertension incidente par rapport au groupe témoin. Ce n’est pas un petit écart.
Le délai d’endormissement change la lecture
Ce qui rend ce travail intéressant, c’est l’ajout d’un indicateur plus concret que le simple ressenti de fatigue. Les chercheurs ont testé l’effet d’une latence d’endormissement prolongée, autrement dit le temps nécessaire pour s’endormir.
Chez les personnes somnolentes le jour qui mettaient plus de 30 minutes à s’endormir, les risques d’hypertension déjà présente faisaient plus que doubler. Pour l’hypertension apparue pendant le suivi, elles faisaient plus que tripler. L’association restait visible après prise en compte de facteurs comme l’âge, la dépression, l’alcool ou la caféine.
Ce que l’étude ne dit pas encore
Bon, il faut garder une réserve simple. Cette recherche a été présentée à SLEEP 2026, le congrès annuel des Associated Professional Sleep Societies, mais elle n’a pas encore été publiée dans une revue avec évaluation par les pairs.
Autre limite, relevée par Sara Benjamin, directrice médicale du Johns Hopkins Sleep Disorders Center auprès de Health, le laboratoire du sommeil peut modifier la nuit des participants. Elle rappelait en substance que dormir ailleurs que chez soi, avec un lit, un oreiller ou un horaire imposés, n’a rien d’une nuit ordinaire.
Pourquoi le sommeil pourrait peser sur la tension
Selon Alexandros Vgontzas, du Penn State College of Medicine, la somnolence diurne excessive et l’endormissement prolongé pourraient être des facteurs de risque importants. Mais pas de raccourci, l’étude ne démontre pas que le mauvais sommeil cause directement l’hypertension.
Chad Ruoff, spécialiste du sommeil à la Mayo Clinic, avance plusieurs pistes, une fréquence cardiaque plus haute, davantage d’hormones du stress, ou de l’inflammation. L’explication la plus souvent citée concerne la baisse nocturne normale de la pression artérielle, qui pourrait être moins marquée quand le sommeil est perturbé.
Ce que cela change en pratique
Pour vous, l’idée utile est assez simple. Ces données ne prouvent pas qu’améliorer son sommeil fera baisser la tension, mais elles renforcent le poids du sommeil dans la santé cardiovasculaire.
Les conseils rappelés par Chad Ruoff restent classiques, dormir 7 à 9 heures, éviter de compenser le manque de sommeil le week-end, bouger au moins 150 minutes par semaine, chercher la lumière naturelle le matin et limiter alcool et caféine. Si la somnolence en journée ou les difficultés d’endormissement reviennent souvent, en parler à un médecin vaut quand même le coup.