Statines et cholestérol, ce que des années d’études montrent mieux

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Image d'illustration. Rayon Pharmacie — ADN

De plus en plus prescrites, les statines réduisent bien le risque cardiovasculaire. Mais leur intérêt dépend d’abord du risque réel de chaque patient.

En bref

  • Le risque global guide la décision
  • Les statines abaissent nettement le LDL
  • Le bénéfice varie selon le profil

Un cholestérol élevé ne mène pas automatiquement à une statine. Ce qui compte d’abord, c’est votre risque cardiovasculaire global, autrement dit la probabilité d’avoir un infarctus ou un AVC dans les dix prochaines années.

Le bon calcul ne se limite pas au cholestérol

Chez les médecins, la décision ne repose pas sur un seul résultat de prise de sang. Elle intègre aussi la tension artérielle, les antécédents familiaux et même le lieu de vie. Julie Ward, infirmière cardiaque senior à la British Heart Foundation, rappelle que ces données servent à calculer un score personnel de risque cardiovasculaire.

À partir de là, la discussion commence. Pas avant. Vous pouvez alors parler d’alimentation, d’activité physique ou d’arrêt du tabac avec votre médecin ou votre pharmacien. Et, si le risque paraît faible, certains peuvent préférer essayer d’abord ces changements puis refaire le point quelques mois plus tard.

Des médicaments très étudiés, avec un effet net sur le LDL

Les statines sont prescrites pour prévenir les maladies du cœur, aujourd’hui première cause de décès dans le monde. Elles agissent sur les enzymes utilisées par le foie pour fabriquer le cholestérol et aident à retirer du sang le LDL, le fameux « mauvais » cholestérol qui encombre les artères.

Sur ce point, la littérature scientifique est massive. James Sheppard, spécialiste des données de santé à l’Université d’Oxford, souligne qu’il existe des centaines d’essais cliniques sur ces médicaments. Une revue de Cochrane publiée en 2015, à partir de 296 essais sur l’atorvastatine et de près de 39 000 participants, a montré une baisse du LDL de 37 à 52 % en douze semaines au plus, selon la dose.

Pourquoi le bénéfice n’est pas le même pour tout le monde

C’est là que les chiffres demandent un peu de calme. Une revue d’essais cliniques publiée début 2025 estime que la baisse du risque de décès lié à un événement cardiovasculaire va de 20 à 62 %, avec les gains les plus élevés dans les groupes déjà les plus exposés. Le traitement coûte en plus moins de 2 euros (moins de 2£) pour 28 comprimés.

Mais on parle souvent de risque relatif. Or, pour une décision concrète, le risque absolu pèse davantage. Si une statine réduit de 20 % le risque d’infarctus chez une personne dont le risque de départ n’est que de 1 %, ce risque passe simplement de 1 à 0,8 %. À l’inverse, au-delà de 10 %, le bénéfice peut devenir beaucoup plus visible.

Une prescription en forte hausse

Le sujet prend de l’ampleur parce que ces traitements sont de plus en plus utilisés. En octobre 2024, NICE indiquait qu’environ 5,3 millions de personnes en Angleterre avaient pris une statine ou de l’ézétimibe sur l’année écoulée. C’est presque trois fois plus qu’en 2015-2016, et près de 10 % de la population.

La vraie question n’est pas seulement de savoir si les statines marchent, la réponse est plutôt oui. La question utile, pour vous, c’est de savoir dans quelle mesure elles changent réellement votre risque personnel.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

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