Une vaste analyse relie des niveaux très bas de testostérone à davantage de diagnostics et de décès par cancer. Avec une exception notable, la prostate.
En bref
- Étude sur plus de 26 000 hommes
- Testostérone très basse liée à plus de cancers
- Aucun lien retrouvé avec la prostate
Plus de 26 000 hommes, suivis pendant au moins cinq ans dans 11 études. C’est ce qui donne du poids à cette nouvelle analyse internationale, publiée dans The Lancet Healthy Longevity. Les chercheurs n’ont pas cherché un remède miracle, ils ont regardé si certaines hormones sanguines annonçaient un risque futur de cancer.
Plus de 26 000 hommes passés au crible
L’équipe, à laquelle participe l’endocrinologue Bu Yeap de l’University of Western Australia, s’est concentrée sur la testostérone, l’hormone sexuelle masculine principale. Jusqu’ici, son lien avec l’état de santé général était déjà connu, mais la relation avec le risque de cancer restait floue.
Les concentrations ont été mesurées en nmol/L. Chez des hommes jeunes et en bonne santé, elles se situent généralement entre 10 et 30 nmol/L. C’est le point de départ. Ensuite, les chercheurs ont comparé les hommes aux niveaux les plus bas avec ceux aux niveaux les plus élevés.
Le risque grimpe quand la testostérone tombe très bas
Le résultat le plus marquant tient en peu de mots. Les hommes ayant une testostérone très basse, dans le cinquième le plus bas de la distribution, présentaient un risque plus élevé de diagnostic de cancer, mais aussi de décès par cancer, même après prise en compte de l’âge et d’autres facteurs de santé.
Dans le détail, le risque de décès par cancer augmentait à partir d’un niveau inférieur à 8,6 nmol/L. Pour le diagnostic de cancer, la hausse apparaissait sous 7,3 nmol/L. Bu Yeap explique que cela pourrait faire de la testostérone basse un biomarqueur utile pour repérer des hommes susceptibles d’aller moins bien si un cancer survient plus tard.
La prostate fait exception, et c’est loin d’être anodin
Un point sort du lot. Le cancer de la prostate ne suit pas ce schéma. Aucune preuve de lien n’a été retrouvée entre la quantité de testostérone produite naturellement par le corps et le risque de ce cancer.
C’est plutôt surprenant, parce que la prostate réagit fortement aux signaux de testostérone. Mais l’analyse a mis en évidence autre chose, des niveaux plus bas de SHBG et d’hormone lutéinisante étaient associés à une probabilité plus élevée de diagnostic de cancer de la prostate.
Ce que cette étude permet de dire, et ce qu’elle ne dit pas
Bon, le point essentiel est là. Cette étude ne montre pas que la testostérone basse cause le cancer. Elle montre une association. Nuance importante.
Les chercheurs insistent aussi sur un point très concret, ces résultats ne sont pas une raison de prendre des suppléments de testostérone. En revanche, si un homme découvre un taux bas, Bu Yeap estime qu’un bilan médical complet peut aider à repérer d’autres problèmes de santé ou facteurs de risque. Pour vous, ce que cela change est assez simple, une testostérone basse peut être un signal d’alerte à regarder sérieusement, pas un traitement à improviser.