Un mystérieux composé anticancer pourrait être dissimulé derrière la légende de la malédiction de Toutankhamon

Image d'illustration. Intelligence artificielle analysant des clichés. ADN
Des chercheurs explorent actuellement la légende entourant la « malédiction de Toutankhamon », suspectant qu’elle pourrait révéler l’existence d’un composé inconnu, présent dans la tombe, aux propriétés prometteuses pour lutter contre certains types de cancer.
Tl;dr
- Un champignon associé à la « malédiction » de Toutankhamon combat le cancer.
- Ses composés agissent aussi bien que certains traitements chimiques.
- Une modification lipidique accroît leur efficacité contre la leucémie.
Un champignon légendaire, nouvel espoir médical ?
Pour beaucoup, il demeure lié à la mystérieuse « malédiction » ayant frappé ceux qui osèrent ouvrir la tombe du pharaon Toutankhamon. Pourtant, le véritable secret du champignon Aspergillus flavus pourrait bien se trouver ailleurs. Longtemps redouté pour ses spores nocives, ce micro-organisme vient d’être réhabilité par des chercheurs de l’University of Pennsylvania (Upenn), qui révèlent aujourd’hui son potentiel inattendu dans la lutte contre le cancer.
D’une sombre réputation à la lumière scientifique
L’histoire a largement entretenu l’idée que A. flavus, découvert dans plusieurs tombes antiques — y compris celle d’un roi polonais en 1973 —, serait responsable de morts subites parmi les archéologues et ouvriers. Ces suppositions ont nourri l’imaginaire collectif autour d’une prétendue malédiction. Pourtant, si le champignon est effectivement capable de provoquer des maladies pulmonaires graves chez l’humain, sa notoriété a récemment attiré l’attention des scientifiques… pour de toutes autres raisons.
Des composés fongiques aux effets anticancéreux marqués
Sous la direction de la biomolecular engineer Qiuyue Nie, une équipe internationale s’est penchée sur les propriétés méconnues d’A. flavus. Ils ont isolé quatre molécules complexes — baptisées asperigimycines — appartenant à la famille des RiPPs (peptides ribosomaux modifiés), déjà connus chez certaines plantes et bactéries pour leurs vertus thérapeutiques. Voici ce qu’ils ont observé :
- Deux asperigimycines ont inhibé efficacement des cellules de leucémie humaine en laboratoire.
- Aucune n’a montré d’action sur les cancers du sein, du foie ou du poumon.
- L’ajout ciblé d’une molécule lipidique à un RiPP a permis d’augmenter son efficacité contre différentes lignées cellulaires leucémiques… et même sur une lignée mammaire.
Nouvelles perspectives pour la recherche pharmaceutique
De façon remarquable, ce composé modifié rivalise désormais avec deux chimiothérapies standards approuvées par la FDA : cytarabine et daunorubicine. Les chercheurs avancent que l’ajout lipidique facilite l’entrée et le maintien du médicament dans les cellules cancéreuses en modulant un gène clé impliqué dans leur transport intracellulaire — un mécanisme encore en cours d’exploration. Comme le souligne timidement Qiuyue Nie : « Savoir que les lipides jouent un rôle dans ce processus nous offre une nouvelle voie pour le développement de médicaments. »
Après avoir offert au monde la pénicilline il y a près d’un siècle, les champignons confirment ainsi leur place centrale dans l’innovation médicale contemporaine.
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