Un spécialiste dévoile cinq sources insoupçonnées de microplastiques dans notre alimentation quotidienne

Image d'illustration. Fruits merADN
Un spécialiste met en lumière cinq origines inattendues de microplastiques que l’on retrouve couramment dans l’alimentation quotidienne, alertant sur la présence discrète mais persistante de ces particules dans divers aliments et boissons consommés chaque jour.
Tl;dr
- La plupart des aliments contiennent des microplastiques, pas seulement les fruits de mer.
- L’eau en bouteille et le sel figurent parmi les principales sources.
- Des gestes simples permettent de limiter l’exposition quotidienne.
Des microplastiques dans nos assiettes : une réalité omniprésente
Qui n’a jamais entendu parler des microplastiques présents dans les poissons et fruits de mer ? Pourtant, la contamination va bien au-delà. Loin d’être limitée aux produits marins, elle s’invite quotidiennement dans une grande variété d’aliments. Un chiffre interpelle : selon diverses études, l’ingestion journalière peut aller jusqu’à 1,5 million de particules de microplastiques – l’eau en bouteille constituant souvent la source principale.
Cinq sources insoupçonnées dans notre alimentation
Si certains aliments sont déjà pointés du doigt, d’autres étonnent par leur contribution à cette exposition. Voici quelques exemples marquants :
- Chewing-gum : En mâchant un simple gramme, jusqu’à 637 particules peuvent être libérées. Et cela concerne aussi bien les gommes synthétiques que naturelles, probablement en raison des procédés de fabrication ou d’emballage.
- Sel : Pas moins de 94 % des sels analysés mondialement contiennent des microplastiques. Les modèles jetables en plastique pour moudre le sel aggravent la situation, lâchant parfois plusieurs milliers de particules pour une simple pincée.
- Pomme et carotte : Même les végétaux ne sont pas épargnés. Si leur taux reste modeste face aux aliments transformés, ils peuvent être contaminés dès leurs racines ou lors du conditionnement.
- Boissons chaudes : Café, thé… Les tasses jetables doublées de plastique et certains sachets à infuser relâchent d’importantes quantités sous l’effet de la chaleur. À noter que les versions glacées exposent moins à ce risque.
- Fruits de mer : Étrangement médiatisée, leur contamination se révèle pourtant plus faible que celle d’autres produits comme le thé en sachet plastique.
Diminuer son exposition : des gestes accessibles à tous
Face à cette ubiquité du plastique invisible, que faire ? Plusieurs habitudes simples permettent de réduire sa consommation passive. Privilégier l’eau du robinet, stocker ses denrées dans du verre ou éviter le réchauffage au micro-ondes dans du plastique s’avèrent efficaces. Remplacer les moulins à épices en plastique par ceux en céramique ou métal est également recommandé.
Au sujet du thé et du café, opter pour des sachets sans plastique (plus rares), privilégier le vrac ou recourir à des tasses réutilisables limite l’exposition. Concernant le lait, préférer les bouteilles en verre plutôt qu’en plastique semble pertinent.
L’impossible exclusion totale… mais des marges de manœuvre réelles
Impossible aujourd’hui d’éliminer totalement les microplastiques alimentaires. Cependant, multiplier ces changements réduit sensiblement leur présence dans notre organisme. Comme le rappelle la chercheuse Catherine Rolph, il faut garder à l’esprit que malgré cette pollution silencieuse et généralisée, manger fruits et légumes reste bénéfique grâce à leurs antioxydants naturels – difficile donc de tourner complètement le dos à ces produits. Finalement, face à cette contamination généralisée, mais variable selon nos choix quotidiens, chaque geste compte.
