Une vaste étude écarte tout lien entre l’acétaminophène et l’autisme chez l’enfant

Image d'illustration. Joues rouges maladieADN
Une vaste analyse scientifique vient de conclure qu’aucune corrélation n’existe entre la prise d’acétaminophène, un médicament largement utilisé contre la douleur et la fièvre, et le développement de troubles du spectre autistique chez les enfants.
Tl;dr
- Paracétamol sans risque accru d’autisme ou d’ADHD.
- Les études rigoureuses dissipent les craintes antérieures.
- Toujours recommandé pour douleur et fièvre pendant la grossesse.
Paracétamol et grossesse : une inquiétude dissipée
Difficile d’oublier l’hésitation qui saisit nombre de femmes enceintes face à une fièvre ou une douleur persistante : le paracétamol est-il vraiment sûr durant la grossesse ? À l’automne dernier, l’administration américaine jetait le trouble en associant ce médicament, aussi connu sous le nom d’acétaminophène – ou ses marques Panadol, Tylenol –, à un risque d’autisme et de TDAH. De quoi semer le doute au sein des patientes, mais aussi du corps médical.
L’apport décisif d’une étude internationale
Or, une publication majeure parue dans The Lancet vient tout juste de remettre les pendules à l’heure. Fruit d’une vaste analyse de 43 études préexistantes, dont plusieurs intégraient des comparaisons entre frères et sœurs exposés ou non au paracétamol in utero, ce travail a mobilisé des méthodes statistiques avancées afin de minimiser l’impact des facteurs dits « de confusion » – comme la génétique ou le milieu familial. Une approche essentielle, tant ces variables peuvent fausser les conclusions.
Que faut-il en retenir ? D’après les chercheurs, aucune augmentation significative du risque d’autisme, de TDAH, ni même de déficience intellectuelle n’a pu être démontrée chez les enfants dont la mère avait consommé du paracétamol pendant la grossesse. Ces résultats se vérifient aussi bien dans les études les plus solides (comparaison de fratries, faible biais), que dans celles suivant les enfants sur plusieurs années.
L’éclairage des données suédoises
En Suède, une autre étude marquante réalisée récemment sur près de 2,5 millions d’enfants nés entre 1995 et 2019 est venue conforter ces conclusions. Sans contrôle strict des facteurs familiaux, une légère corrélation semblait exister. Mais dès lors que la méthodologie intégrait une comparaison entre frères et sœurs pour neutraliser l’influence du contexte familial ou génétique, toute association disparaissait nettement. En somme, le paracétamol demeure sans lien prouvé avec un risque neurodéveloppemental accru pendant la grossesse.
Dilemme levé pour les femmes enceintes
Face à ces preuves convergentes, pourquoi hésiter ? Le paracétamol reste le traitement de référence pour soulager douleurs et fièvres chez la femme enceinte. D’ailleurs, selon la Therapeutic Goods Administration australienne, il conserve son statut « Catégorie A », soit une totale sécurité lorsqu’il est utilisé conformément aux recommandations. Car rappelons-le : ne pas traiter une fièvre peut se révéler bien plus risqué pour la mère comme pour le fœtus (risque accru de fausse couche, prématurité…).
Ainsi, plutôt que s’interdire un médicament éprouvé « par précaution », il apparaît préférable – et fondé sur la science – de recourir au paracétamol en cas de besoin durant la grossesse.
À toutes celles qui doutaient encore, cette synthèse internationale offre enfin des réponses claires et rassurantes.
