Une vaste étude met en lumière des différences de symptômes de Parkinson entre hommes et femmes

Image d'illustration. Modèle de cerveau en gros planADN
Une vaste étude consacrée à la maladie de Parkinson met en lumière des différences notables dans les symptômes entre les hommes et les femmes, apportant ainsi un nouvel éclairage sur la manière dont cette pathologie neurologique affecte chaque sexe.
Tl;dr
- Parkinson touche plus de 10 millions de personnes dans le monde.
- Les symptômes non moteurs sont fréquents et sous-estimés.
- Gènes, environnement et différences hommes-femmes jouent un rôle clé.
Un fléau en pleine expansion
La maladie de Parkinson, aujourd’hui considérée comme le trouble neurologique à la croissance la plus rapide au niveau mondial, concerne désormais plus de 10 millions de personnes. Rien qu’en Australie, près de 150 000 individus vivent avec ce diagnostic, et chaque jour voit s’ajouter cinquante nouveaux cas. Les prévisions sont préoccupantes : la population concernée par cette affection pourrait être multipliée par trois d’ici à 2050.
Mieux comprendre une maladie complexe
Malgré son impact majeur sur les patients et leurs proches — sans parler d’un coût économique annuel estimé à au moins 10 milliards de dollars australiens —, bien des aspects du déroulement et de l’évolution de Parkinson restent mystérieux. Une vaste enquête menée par l’Australian Parkinson’s Genetics Study, sous la houlette du QIMR Berghofer Medical Research Institute, apporte cependant un éclairage inédit. Près de 11 000 Australiens, soit la cohorte nationale la plus importante jamais constituée sur ce sujet, ont participé à l’étude en répondant à des questionnaires détaillés et en fournissant des échantillons salivaires pour analyses génétiques.
L’une des révélations majeures concerne la fréquence étonnamment élevée des symptômes non moteurs chez les patients :
- Perte d’odorat (52 %), troubles mnésiques (65 %), douleurs (66 %) et vertiges (66 %)
- Difficultés de sommeil touchant 96 % des participants
Ces troubles, souvent qualifiés « d’invisibles », affectent parfois davantage la qualité de vie que les signes moteurs classiques tels que tremblements ou raideur musculaire.
Ages, facteurs et disparités entre les sexes
L’étude affine également le portrait du risque : l’âge demeure central, avec une apparition des premiers symptômes autour de 64 ans et un diagnostic moyen vers 68 ans. Si un quart des participants mentionnent un antécédent familial, seuls 10 à 15 % des cas seraient directement liés à une mutation génétique précise. Le reste semble résulter d’une interaction complexe entre facteurs héréditaires, environnementaux — exposition aux pesticides (36 %), traumatismes crâniens antérieurs (16 %) ou métiers à risques (33 %) — et vieillissement.
Par ailleurs, la maladie touche davantage les hommes (1,5 fois plus), mais se manifeste différemment selon le sexe : chez les femmes, le diagnostic intervient plus tôt ; elles rapportent aussi davantage de douleurs et de chutes. Les hommes déclarent plus fréquemment des troubles mnésiques ainsi que certains comportements impulsifs.
Lignes d’horizon pour la recherche future
Si ces résultats offrent une photographie précieuse, quelques limites subsistent : faible taux de participation (6 %), prédominance d’individus d’ascendance européenne (93 %) et recours à l’auto-déclaration pour les symptômes. Les chercheurs envisagent déjà d’exploiter objets connectés et smartphones pour recueillir des données objectives. Demeurent aussi à explorer l’évolution comparée avec des groupes témoins ainsi que la trajectoire individuelle au fil du temps.
Approfondir notre compréhension des facteurs influençant l’apparition et le déroulement de cette pathologie ouvre la voie à une prise en charge toujours plus personnalisée pour les malades.
