La FDA donne son feu vert à une version forte de Wegovy pour accentuer la perte de poids aux États-Unis

Image d'illustration. Rayon PharmacieADN
Les autorités sanitaires américaines viennent de donner leur feu vert à une version plus fortement dosée du médicament Wegovy. Ce traitement, déjà reconnu pour favoriser la perte de poids, pourra désormais être prescrit à des doses accrues aux États-Unis.
Tl;dr
- La FDA approuve Wegovy HD, dose plus forte.
- Perte de poids supérieure mais effets secondaires accrus.
- Disponible aux États-Unis en avril, prix à venir.
Une avancée majeure dans la lutte contre l’obésité
La course à l’innovation dans les traitements de l’obésité prend un nouveau tournant. Jeudi dernier, les autorités sanitaires américaines ont donné leur feu vert à une version à dose plus élevée du médicament vedette Wegovy, développé par le laboratoire danois Novo Nordisk. Baptisée Wegovy HD, cette nouvelle formulation contient 7,2 mg de sémaglutide par injection hebdomadaire, alors que la dose maximale précédemment autorisée atteignait seulement 2,4 mg.
Efficacité renforcée et attentes des patients
Des essais cliniques récents publiés dans le journal médical Lancet Diabetes & Endocrinology révèlent que cette nouvelle posologie a permis aux participants de perdre près de 19 % de leur poids corporel — soit environ 47 livres — sur une période de dix-sept mois. À titre de comparaison, ceux recevant la dose inférieure ont perdu en moyenne 16 % (39 livres). Selon les chercheurs, ce renforcement était nécessaire car « certains individus n’atteignent pas leurs objectifs thérapeutiques avec la dose standard ».
Effets secondaires : un revers non négligeable
Cependant, tout progrès comporte sa part d’incertitude. Les données montrent que plus de 70 % des patients sous Wegovy HD ont signalé des effets indésirables tels que nausées, vomissements ou constipation. Ce taux tombe à plus de 60 % pour la version classique et à environ 43 % pour le placebo. Un effet particulièrement marquant : près d’un quart des utilisateurs ont ressenti des sensations cutanées désagréables (brûlures, piqûres ou décharges électriques), bien plus fréquent qu’avec les autres dosages.
À noter également, si près de 7 % des patients sous la dose maximale ont connu des incidents graves liés au traitement, ce chiffre reste inférieur aux 11 % observés chez ceux utilisant l’ancienne version.
Nouvelles perspectives et réserves d’experts
La réaction du corps médical ne s’est pas fait attendre. Pour Dre Jody Dushay, endocrinologue à la Harvard Medical School, « Cela peut s’avérer particulièrement utile pour ceux qui tolèrent bien la faible dose, mais dont la perte de poids demeure insuffisante ». Ce nouveau dosage pourrait aussi intéresser les patients ayant une réponse modérée au médicament concurrent Zepbound, produit par Eli Lilly.
Alors que le lancement en pharmacie américaine est prévu pour avril — le tarif restant encore inconnu —, l’Europe avait déjà accordé son approbation en février. La FDA avait également validé fin décembre une forme orale du traitement contenant 25 mg de principe actif.
Bien que certains spécialistes saluent cette progression rapide – l’autorisation étant intervenue seulement 54 jours après la demande –, d’autres invitent à la prudence : « Cela reste un saut considérable sans dosage intermédiaire ; il faudra vérifier si les effets indésirables se confirment hors laboratoire », souligne Dre Dushay.
Ainsi se dessinent de nouveaux espoirs… mais aussi quelques interrogations sur les conséquences réelles d’une telle escalade thérapeutique.
