Des chercheurs révèlent un lien inattendu entre participation électorale et espérance de vie

Image d'illustration. MairieADN
Des chercheurs ont mis en lumière une corrélation inattendue entre la participation électorale et l’espérance de vie, soulignant un lien potentiel entre engagement civique et santé, à partir d’une analyse approfondie de données issues de différentes populations.
Tl;dr
- Voter réduirait le risque de mortalité chez les seniors.
- L’effet positif demeure, peu importe la façon ou le choix de vote.
- Le bénéfice est comparable à celui du bénévolat.
Un acte citoyen aux effets insoupçonnés
De nouvelles pistes s’ouvrent quant aux liens entre santé et engagement civique. Si les vertus d’un mode de vie sain – manger des légumes, pratiquer une activité physique, maintenir un cercle social, limiter l’alcool et éviter le tabac – font consensus, un autre facteur pourrait bien peser dans la balance : le vote. Curieusement, au-delà du strict exercice démocratique, ce geste serait associé à une longévité accrue chez les personnes âgées.
Une étude inédite sur la longévité des votants
Sous la houlette de Sara Konrath (Indiana University) et Femida Handy (University of Pennsylvania), une équipe a cherché à élucider cette énigme. À partir des données du Wisconsin Longitudinal Study, couvrant un large échantillon de diplômés du secondaire suivis depuis 1957, ils se sont intéressés aux habitants du Wisconsin âgés de 65 ans et plus lors de l’élection présidentielle de 2008. Leur démarche : comparer l’évolution de la santé des votants à celle des abstentionnistes en s’appuyant sur les registres électoraux fiables de Catalist et le National Death Index.
Les résultats frappent par leur ampleur : ceux qui avaient glissé un bulletin dans l’urne en 2008 affichaient un risque de décès réduit de 45 % dans les cinq années suivantes, 37 % sur dix ans et encore 29 % sur quinze ans. Les chercheurs ont également observé que cet effet protecteur restait valide même après avoir pris en compte des paramètres comme le sexe, le statut marital ou les revenus. Fait marquant : les personnes initialement en moins bonne santé semblent tirer encore plus parti du vote.
Des bénéfices indépendants du mode ou du sens du vote
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ni la méthode – en personne ou par correspondance – ni le résultat électoral ne jouent sur ce phénomène. D’ailleurs, selon les auteurs : « Le camp politique choisi n’a aucune incidence sur les bénéfices mesurés ; voter suffit » ». Ce constat tendrait à rapprocher le vote d’autres formes d’engagement désintéressé comme le bénévolat.
Civisme et bien-être : quelles explications possibles ?
Les raisons précises restent floues, mais plusieurs hypothèses émergent : participer activement à la vie civique stimulerait certaines réponses biologiques bénéfiques – réduction du stress, sentiment d’efficacité personnelle ou renforcement des liens sociaux. Il n’est donc pas exclu que prendre part à une élection contribue au bien vieillir tout autant que courir ou cuisiner des légumes frais. Ainsi se dessine l’idée que s’engager pour la collectivité serait aussi salutaire qu’une marche matinale ou quelques heures consacrées au bénévolat.
