La diverticulose : une affection intestinale qui touche la majorité des seniors avant 80 ans

Image d'illustration. Le microbiote intestinalADN
Avec l’âge, la majorité des personnes voient apparaître des diverticules dans leur intestin. Cette affection fréquente touche particulièrement les seniors, mais reste souvent méconnue. De quoi s’agit-il exactement et quels sont ses enjeux pour la santé ?
Tl;dr
- Les diverticules sont fréquents et souvent bénins après 50 ans.
- Un régime riche en fibres réduit les risques de complications.
- La diverticulite nécessite rarement une chirurgie, surtout en cas grave.
Quand le tube digestif vieillit : l’ombre des diverticules
À mesure que le corps affiche ses marques du temps – rides, taches ou cheveux grisonnants – un autre vieillissement, bien moins visible, s’opère à l’intérieur. Dès la cinquantaine et surtout après 80 ans, la majorité des individus développent dans leur système digestif de petits renflements appelés diverticules. Ces poches, que l’on qualifie de « points faibles » de la paroi musculaire intestinale, passent généralement inaperçues : la plupart des personnes ignorent même leur existence jusqu’à une éventuelle coloscopie.
Diverticulose, diverticulite : comprendre des noms qui sèment le trouble
Le vocabulaire médical ne facilite pas la tâche : il n’est pas rare que les termes diverticulose et diverticulite prêtent à confusion. Ainsi, pour le Dr Janyll Castineira (University of Miami) : « Cela n’aide pas que les noms soient si proches ; c’est source d’ambiguïté. » Pour retenir la distinction ? Selon elle : « Diversicul’O’se ce sont les p’O’ches ; diverticul’I’tis c’est l’Inflammation. »
En effet, tant que ces diverticules restent discrets et non enflammés, ils ne posent guère problème. Ce n’est qu’en cas d’infection ou d’inflammation qu’apparaît la redoutée diverticulite, dont les symptômes oscillent entre douleurs abdominales, fièvre, constipation ou diarrhée. Heureusement, plus de 85 % des épisodes restent bénins et se soignent avec repos au lit et alimentation liquide ; seules les formes sévères nécessitent antibiotiques ou chirurgie.
L’importance du mode de vie et du régime alimentaire
Mais pourquoi ces poches apparaissent-elles ? La question reste ouverte, bien que plusieurs facteurs soient suspectés : faible apport en fibres, sédentarité, obésité ou tabac pourraient jouer un rôle. Fait marquant : la prévalence est nettement supérieure dans les pays occidentaux comme les États-Unis, le Royaume-Uni ou l’Australie, où l’alimentation manque de fibres végétales. À l’inverse, dans certaines régions d’Afrique ou d’Asie où les régimes sont riches en fibres (25 à 30 grammes/jour conseillés), la pathologie reste rare.
Selon le NHS britannique, chez les 50-70 ans, consommer beaucoup de fibres réduit jusqu’à 40 % le risque d’hospitalisation pour maladie diverticulaire.
Dépistage et prise en charge : repérer les signaux d’alerte
Le diagnostic repose sur une coloscopie ou un scanner abdomino-pelvien. Si une complication survient – hémorragie digestive (parfois indolore mais jamais anodine), abcès ou perforation – une intervention chirurgicale peut s’imposer. Toutefois, neuf patients sur dix opérés ne connaissent plus de récidive après l’exérèse du segment intestinal atteint.
À noter : toute présence de sang dans les selles doit conduire à consulter sans délai. Les spécialistes insistent sur ce point afin d’écarter d’autres causes potentiellement graves.
Enfin, rappelons-le : bien vieillir passe aussi par une attention portée à notre transit… Il paraît que notre microbiote intestinal a encore bien des choses à nous apprendre sur notre santé globale !
