Une étude alerte sur une baisse de plus de deux ans de l’espérance de vie en bonne santé au Royaume-Uni

Image d'illustration. Gros plan d une personne âgée joyeuse souriant dans un jardin ensoleilléADN
Une étude récente révèle que l’espérance de vie en bonne santé au Royaume-Uni a reculé de plus de deux ans. Cette tendance préoccupante met en lumière une dégradation du bien-être général de la population britannique.
Tl;dr
- Baisse de l’espérance de vie en bonne santé au Royaume-Uni
- Écarts croissants entre régions riches et défavorisées
- Le Royaume-Uni parmi les pires pays développés sur ce point
Un constat préoccupant pour la santé au Royaume-Uni
Dans un contexte d’alerte généralisée sur la santé publique, le dernier rapport de la Health Foundation met en lumière une chute marquée de l’espérance de vie en bonne santé au Royaume-Uni. Selon ces données, les Britanniques vivent désormais moins longtemps en bonne santé : entre 2012-2014 et 2022-2024, cet indicateur est passé de 62,9 ans à un peu moins de 61 ans chez les hommes, et de 63,7 à presque le même chiffre chez les femmes. Désormais, beaucoup voient leur état se détériorer bien avant l’âge légal du départ à la retraite — fixé actuellement à 66 ans, mais qui doit passer à 67 d’ici à quelques années.
Des inégalités territoriales grandissantes
Derrière ces moyennes nationales se cache une réalité sociale complexe. Le rapport souligne que l’écart d’espérance de vie en bonne santé entre les zones aisées et les quartiers défavorisés s’élargit dangereusement. À titre d’exemple, dans la riche banlieue londonienne de Richmond, un homme peut espérer vivre jusqu’à 69,3 ans en bonne santé (70,3 ans pour une femme), alors que dans la station balnéaire populaire de Blackpool, ce chiffre chute à seulement 50,9 ans pour les hommes. Pour toute l’Angleterre, le fossé atteint aujourd’hui près de vingt ans entre les territoires les plus favorisés et les plus pauvres.
L’Europe fait mieux… sauf une exception notable
En comparant le Royaume-Uni aux autres pays riches, le contraste est saisissant. Sur une liste de 21 pays développés, seuls cinq ont vu leur espérance de vie en bonne santé reculer depuis dix ans. Seule une nation affiche des résultats plus alarmants : il s’agit des États-Unis. Selon Andrew Mooney, principal analyste à la Health Foundation, cette dégradation place donc le pays « juste devant » son allié outre-Atlantique.
L’urgence d’un changement politique durable
Le rapport ne mâche pas ses mots : « Les gouvernements successifs n’ont pas pris les mesures nécessaires sur le long terme pour enrayer ce phénomène – cela entraîne des conséquences humaines majeures ainsi qu’un impact économique et budgétaire croissant. » Face à ce « tournant décisif », il s’agirait donc non seulement d’une question sanitaire majeure, mais aussi d’un enjeu sociétal qui conditionnera sans doute les débats politiques à venir.
Pour rappel — et afin d’offrir un éclairage supplémentaire — selon cette étude largement relayée outre-Manche :
- L’espérance de vie en bonne santé constitue un indicateur clé pour évaluer la situation réelle du pays.
Impossible donc d’ignorer ce signal d’alarme : le mal-être sanitaire gagne du terrain bien avant l’âge où l’on cesse officiellement toute activité professionnelle.
