Ce traitement unique contre le LDL intrigue déjà les cardiologues

Étagères de laboratoire remplies de divers médicaments, illustrant leur disponibilité sous le nouveau décret.
Image d'illustration. Étagères de laboratoire avec médicaments — ADN

Une thérapie expérimentale d’édition génétique a fait chuter le mauvais cholestérol jusqu’à 88% dans un essai précoce. Prometteur, mais encore loin d’un feu vert.

  • Un essai précoce montre une forte baisse du LDL
  • L’effet a persisté jusqu’à 18 mois
  • La sécurité reste à confirmer à plus grande échelle

Jusqu’à 88% de baisse du mauvais cholestérol avec une seule administration. C’est le chiffre qui ressort des premiers résultats de Eli Lilly sur VERVE-102, une thérapie expérimentale d’édition génétique. Et forcément, dans un domaine où beaucoup de patients vivent avec des comprimés quotidiens ou des injections régulières, ça attire l’œil.

Une chute du LDL qui retient l’attention

L’essai a inclus 35 adultes atteints de maladie coronarienne prématurée. Chez ceux ayant reçu la dose la plus faible, le LDL a baissé en moyenne de 51%. À la dose la plus élevée, la baisse moyenne a atteint 88%.

Autre point qui compte, l’effet ne semble pas s’éteindre tout de suite. D’après les chercheurs, une partie des patients présentait encore une réduction du cholestérol jusqu’à 18 mois après le traitement. Riyaz S. Patel, cardiologue à University College London et auteur de l’étude, a jugé ces résultats intermédiaires très encourageants, avec un effet comparable aux meilleurs traitements actuels et qui paraît durable au moins sur cette période.

Le pari de couper le problème à la source

Le principe de VERVE-102 est assez direct. Le traitement cherche à désactiver de façon permanente, dans le foie, le gène PCSK9. Or ce gène participe à la régulation du cholestérol LDL. Réduire son activité peut donc faire baisser ce cholestérol, avec l’idée de diminuer ensuite le risque de maladies cardiovasculaires, notamment l’infarctus et l’AVC.

Bon, il faut rester rigoureux. Une baisse du LDL est un signal important, mais cet essai précoce ne suffit pas à lui seul à prouver le bénéfice clinique à long terme sur les accidents cardiovasculaires.

Tolérance correcte, mais nous sommes encore en phase 1

Le médicament a été administré par perfusion intraveineuse. Selon les données présentées, il a été bien toléré à tous les niveaux de dose, sans événement indésirable grave signalé. Les effets secondaires les plus fréquents ont été des réactions liées à la perfusion et de la fatigue.

Mais on parle ici d’une phase 1. Résultat, l’enjeu maintenant, c’est la confirmation. Eli Lilly prévoit de lancer une phase 2 d’ici à la fin de l’année. De son côté, la FDA a accordé au traitement le statut Fast Track, destiné à accélérer le développement et l’examen des thérapies jugées prometteuses.

Pourquoi cette piste compte au-delà du laboratoire

Si les études suivantes confirment la sécurité et l’intérêt durable du traitement, certains patients pourraient un jour remplacer des médicaments quotidiens ou des injections répétées par une seule intervention. Roger Blumenthal, de l’American Heart Association et du centre de prévention cardiovasculaire de Johns Hopkins, a estimé que l’idée avait du sens, surtout chez les personnes à risque élevé.

L’enjeu est large. Selon l’American Heart Association, environ un adulte sur quatre a un LDL trop élevé. Les nouvelles recommandations publiées cette année avec l’American College of Cardiology poussent d’ailleurs vers un dépistage plus précoce et des objectifs de LDL adaptés au risque cardiovasculaire individuel.

Pour autant, ce traitement ne supprimerait pas le besoin d’un mode de vie sain, avec alimentation équilibrée et exercice régulier. Et pour une éventuelle revue par la FDA, Roger Blumenthal évoque encore un délai d’environ trois à quatre ans. Pas pour demain, donc, mais une piste très suivie.