Un rapport du CSIC et de Danone relance le débat sur les stérols végétaux. Leur combinaison dans les laits fermentés changerait nettement l’effet sur le LDL.
En bref
- La formule des stérols compte pour le LDL
- Deux composés ressortent nettement
- Le seuil de 80% change l’effet observé
Près de 60% des Espagnols cumulent au moins deux facteurs de risque cardiovasculaire, d’après la Fondation espagnole du cœur. Dans ce contexte, ce qui aide vraiment à faire baisser le cholestérol LDL, le fameux « mauvais » cholestérol, n’a rien d’un détail.
Un enjeu large, bien au-delà d’un simple produit
À l’occasion de la Journée mondiale du cœur, un rapport mené par le Conseil supérieur de la recherche scientifique, le CSIC, avec Danone s’est penché sur un point très précis, la nature des stérols végétaux utilisés dans les laits fermentés. L’idée est simple, mais importante, tous ces composés n’agissent pas avec la même intensité sur l’absorption du cholestérol.
L’hypercholestérolémie fait partie des facteurs de risque les plus fréquents. Du coup, la prévention passe aussi par l’alimentation, pas seulement par un chiffre sur une prise de sang.
Pourquoi certains stérols bloquent mieux le cholestérol
Le rapport met surtout en avant deux molécules, le bêta-sitostérol et le bêta-sitostanol. Selon l’analyse, leur capacité à freiner l’absorption du cholestérol est significativement supérieure à celle d’autres stérols couramment présents dans les laits fermentés.
Le mécanisme est connu. Ces substances, naturellement présentes dans les huiles végétales, les fruits, les céréales, les légumes ou encore les noix, ont une structure proche de celle du cholestérol. Pendant la digestion, elles entrent donc en concurrence avec lui et réduisent la quantité absorbée par l’organisme.
Le seuil de 80% qui change l’efficacité
Le point le plus marquant de cette revue, c’est le seuil de composition. Les laits fermentés contenant au moins 80% de bêta-sitostérol et de bêta-sitostanol obtiendraient une baisse du LDL plus forte, jusqu’à 74% d’efficacité en plus selon les données passées en revue.
Dans cette catégorie, Danacol est cité pour sa formulation, avec 87% de ces deux composés. Le rapport place donc ce profil dans la zone ayant montré les résultats les plus favorables, à la fois dans les travaux biologiques et dans les données cliniques analysées.
L’alimentation en apporte, mais pas assez seule
Mais il y a une limite très concrète. Les stérols végétaux existent déjà dans l’alimentation, sauf que les quantités habituelles restent trop faibles pour produire une baisse nette du LDL. Pour atteindre les 1,6 g apportés par une dose quotidienne de Danacol, il faudrait manger environ 1,5 kg de noix, ou 4 kg de brocoli, ou encore 10 kg de bananes.
Fernanda Mondragón, responsable science et nutrition chez Danone Iberia, estime que la collaboration avec le CSIC aide à faire progresser la connaissance en nutrition et à fournir au public des informations étayées par la science. En clair, ce rapport ne dit pas que tous les produits se valent. Il suggère qu’en matière de stérols végétaux, la composition précise compte vraiment.