Chutes mortelles, ordonnances en cause dans la hausse observée

Étagères de laboratoire remplies de divers médicaments, illustrant leur disponibilité sous le nouveau décret.
Image d'illustration. Étagères de laboratoire avec médicaments — ADN

Les décès après une chute repartent à la hausse, surtout chez les plus âgés. Des médicaments très courants pourraient peser dans cette tendance.

En bref

  • Les décès par chute repartent à la hausse
  • Les seniors sont les plus touchés
  • Certains médicaments sont suspectés

Entre 2009 et 2021, les décès liés aux chutes sont passés de 11 à 13 pour 100 000 habitants dans 59 pays, d’après une étude publiée en 2025. Ce n’est pas un bond spectaculaire. Mais sur un sujet qui reculait plutôt dans les pays à revenu élevé comme les États-Unis ou le Royaume-Uni, le signal mérite qu’on s’y arrête.

Une courbe qui remonte après des années de recul

Après les accidents de la route, la chute reste l’une des principales causes de décès par blessure accidentelle. Or la tendance a changé dans les années 2010. Lentement, puis assez nettement pour apparaître dans les statistiques internationales.

Chez les plus âgés, l’évolution frappe davantage. Aux États-Unis, le nombre de personnes de plus de 85 ans mortes après une chute a triplé depuis 2000. En Angleterre, les passages de patients de plus de 65 ans aux urgences après une chute sont passés de 185 000 en 2011 à 223 000 en 2021. Cela suggère des chutes plus fréquentes. Pour leur létalité, en revanche, les données ne permettent pas de trancher clairement.

Pourquoi certains médicaments sont dans le viseur

Une partie des chercheurs avance une explication simple, l’amélioration du repérage et du signalement. Mais ce n’est sans doute pas toute l’histoire. D’autres pointent des médicaments bien connus, regroupés sous le nom de médicaments augmentant le risque de chute.

Le mécanisme est assez concret. Sédation, vertiges, baisse de la tension artérielle, parfois les trois à la fois. Chez les personnes âgées, cela peut faire grimper le risque de chute d’environ 1,5 fois. Ces traitements couvrent un champ très large, de l’hypertension aux maladies cardiaques, en passant par l’anxiété, la dépression ou l’insomnie.

Les classes les plus surveillées chez les seniors

Dans une revue de politique de santé, le Dr Thomas Farley a mis l’accent sur trois familles jugées particulièrement préoccupantes, les benzodiazépines, les gabapentinoïdes et les antidépresseurs. Son argument tient à la fois à leur lien fort avec les chutes et à leur usage en hausse.

Et il y a l’autre sujet, moins visible. La polymédication. Beaucoup de personnes âgées prennent plusieurs traitements en même temps, parfois en combinant justement ces classes. Ce cumul pourrait encore augmenter le risque.

Un problème identifié, mais encore difficile à corriger

Sur le papier, réduire les prescriptions paraît logique. Dans la vraie vie, c’est plus compliqué. Quand plusieurs spécialistes interviennent, arrêter un traitement demande du temps, de la coordination et parfois des arbitrages délicats.

Surtout, les preuves manquent encore. Quelques petites études suggèrent que diminuer les ordonnances change peu le nombre de chutes. Résultat ? On ne sait pas encore si cela veut dire qu’il faut de meilleures données, ou si une autre cause pèse davantage. Pour le lecteur, l’enjeu est clair quand même, ce débat touche à la sécurité quotidienne des seniors autant qu’à l’usage de traitements très courants.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

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