Le geste anodin de croiser les jambes intrigue : est-il vraiment nocif pour la santé ? Retour sur ce que révèle la recherche scientifique à ce sujet, entre idées reçues et réalités médicales.
- Pas de preuve que croiser les jambes soit nocif.
- Changer de position régulièrement est plus important que la posture.
- Seules quelques situations médicales exigent d’éviter cette habitude.
L’origine des idées reçues sur la posture
Il n’est pas rare d’entendre, dès l’enfance, toutes sortes d’avertissements concernant la manière de s’asseoir. « Ne croise pas les jambes, tu vas abîmer tes genoux », « Tu auras des varices » ou encore « Tiens-toi droit »… Autant de recommandations transmises de génération en génération sans réel fondement scientifique. L’image du maintien parfait comme gage de discipline et de bonne santé a longtemps prévalu. Mais ces injonctions relèvent davantage d’un code social hérité que de vérités médicales avérées.
Croiser les jambes : quels risques réels ?
Malgré la persistance des croyances populaires, les études n’ont jamais mis en évidence un lien direct entre le fait de s’asseoir en tailleur ou jambe sur jambe et l’apparition de problèmes durables aux articulations ou au dos. La crainte d’abîmer ses hanches, ses genoux ou même de provoquer des varices, ne repose pas sur des faits solides. D’ailleurs, lors d’études menées auprès de professionnels comme les physiothérapeutes, aucun consensus n’a émergé concernant une « meilleure » posture assise universelle pour éviter le mal de dos. En réalité, le corps humain se révèle bien plus résilient qu’on ne le croit.
Pour clarifier la question, voici ce que retiennent les spécialistes :
- L’habitude de croiser les jambes ne cause ni arthrose ni fragilité articulaire.
- Aucun lien établi entre cette position et le développement des varices ; ces dernières sont plutôt associées à des facteurs tels que l’âge, l’hérédité ou certaines conditions médicales.
- La position assise idéale… n’existe pas : toute immobilité prolongée – peu importe la posture – augmente davantage l’inconfort ou la raideur.
Quelques cas particuliers à nuancer
Certains contextes cliniques méritent néanmoins attention. Après une intervention chirurgicale telle qu’une prothèse de hanche, il arrive que les médecins déconseillent temporairement aux patients de croiser les jambes pendant la phase initiale de guérison. Mais même là, la tendance actuelle remet en cause ces restrictions jugées parfois excessives. Par ailleurs, si une position aggrave une douleur locale ou gêne un membre sensible momentanément, il convient simplement d’en changer.
L’essentiel : privilégier la variété des mouvements
À rebours du mythe persistant autour d’une unique « bonne posture », l’enjeu principal demeure la diversité des positions au quotidien. Le corps supporte aisément le fait d’être assis jambe sur jambe, tant que cette position ne dure pas indéfiniment. Changer régulièrement sa manière de s’asseoir, se lever, marcher… Voilà ce qui contribue réellement à préserver son bien-être articulaire et musculaire. En somme, il vaut mieux faire confiance à sa propre sensation et bouger dès qu’un inconfort apparaît : c’est là que réside le véritable conseil santé validé par les données actuelles sur la posture.