Croquettes pour humains : des nutritionnistes analysent cette tendance virale sur les réseaux sociaux

Image d'illustration. Chat et bol de croquettes au soleil
Image d'illustration. Chat et bol de croquettes au soleil — ADN

Un nouveau phénomène fait le buzz sur les réseaux sociaux : certains internautes adoptent une alimentation inspirée de la nourriture pour animaux, surnommée « human kibble ». Des diététiciens analysent cette tendance et évaluent ses implications nutritionnelles.

  • Le « kibble humain » fait débat sur TikTok.
  • Avantages : simplicité, nutrition, gain de temps.
  • Inconvénients : monotonie, risques nutritionnels, rapport à l’alimentation.

Le phénomène « kibble humain » : entre viralité et questionnements

Depuis quelques semaines, une tendance singulière secoue les réseaux sociaux. Sur TikTok, le créateur @myfoodisme2 a généré des millions de vues avec sa routine alimentaire inspirée… des croquettes pour animaux. Sa recette, mélangeant légumes crus ou cuits, blanc de poulet, tofu, céréales et légumineuses dans un seul grand bol – ce qu’il appelle le « kibble humain » –, intrigue autant qu’elle interroge. Après cinq ans à se nourrir ainsi, il assure y trouver simplicité et équilibre nutritionnel.

Ce mode d’alimentation a trouvé son public : nombreux sont ceux qui imitent désormais cette approche du « tout-en-un », fascinés par la promesse d’un gain de temps considérable et d’une organisation sans faille. Mais derrière le buzz, des questions se posent.

Simplicité et équilibre alimentaire : les arguments en faveur

Selon la directrice du programme de diététique à l’Université de Géorgie, Emma Laing, ce type de préparation favorise la consommation de légumes – souvent délaissés – ainsi que celle des légumineuses, sources précieuses de fibres. D’ailleurs, cette approche pourrait permettre à certains de diversifier leur alimentation en intégrant des ingrédients peu appréciés autrement. La texture mixée aide même parfois à rendre ces aliments plus attrayants auprès des mangeurs difficiles.

Parmi les avantages cités par les adeptes :

  • Simplification radicale du meal prep
  • Diminution du stress lié au choix des repas
  • Maitrise facilitée des apports nutritionnels pour les régimes spécifiques

Des réserves notables sur la monotonie et le bien-être psychologique

Toutefois, tout n’est pas si simple. Pour la nutritionniste Wan Na Chun, manger toujours la même chose peut vite entraîner lassitude et déséquilibres si l’assortiment d’ingrédients reste figé. Elle insiste aussi sur la nécessité d’alterner grains entiers, légumineuses, huiles variées ou encore épices afin d’éviter une forme de carence ou de frustration sensorielle. Autre bémol soulevé par les experts : le risque de dénutrition électrolytique, notamment chez les sportifs négligeant l’apport en sel après l’effort.

L’aspect social et culturel ne saurait être oublié. Réduire ses repas à un simple « bol de croquettes » pourrait dégrader le rapport que l’on entretient avec l’alimentation : « Le langage autour du repas influence notre état d’esprit. Parler de “kibble” rend l’acte alimentaire mécanique et dénué de plaisir », précise Chun.

Kibble humain : faut-il vraiment s’y mettre ?

Rien n’interdit de tester cette méthode, tant que les règles élémentaires d’hygiène alimentaire sont respectées (conservation en réfrigérateur limitée à quatre jours selon l’USDA). Mais attention : un régime trop restrictif ou brusquement modifié peut causer troubles digestifs ou apports caloriques insuffisants, surtout chez les personnes actives.

Certes, manger doit rester fonctionnel… mais aussi source de plaisir et d’échange. Si certains se satisfont d’une alimentation répétitive pour gagner du temps ou contrôler leur diète, la plupart tirent satisfaction et bien-être d’une table variée et conviviale.