Glioblastome : 10 millions d’euros pour enfin bouger la recherche

Vue rapprochée d'un technicien analysant méticuleusement des échantillons sous un microscope dans un environnement clinique.
Image d'illustration. Vue détaillée d un technicien en laboratoire — ADN

Avec 1.300 diagnostics par an en Espagne et 5 % de survie, le glioblastome reste l’un des cancers les plus redoutés. Un vaste projet veut comprendre son origine et tester de nouvelles pistes.

En bref

  • 10 millions d’euros pour le glioblastome
  • 24 hôpitaux impliqués en Espagne
  • Premiers essais cliniques dès le mois prochain

Avec seulement 5 % de survie et environ 1.300 diagnostics par an en Espagne, le glioblastome reste l’un des cancers qui résistent le plus. C’est aussi le cancer du cerveau malin le plus fréquent chez l’adulte. Dit autrement, un sujet où la recherche avance trop lentement depuis des années.

Un cancer rare, mais d’une brutalité extrême

Pour Joan Seoane, ce n’est pas un hasard si ce dossier concentre autant d’attentes. Le chercheur du Vall d’Hebron Instituto de Oncología décrit en substance une tumeur très agressive, très complexe, différente d’un patient à l’autre, et même changeante avec le temps. Ce point compte beaucoup, parce qu’un traitement qui vise une cible aujourd’hui peut se heurter demain à une tumeur déjà transformée.

Et Ramón Reyes, président de l’Asociación Española Contra el Cáncer, a résumé le blocage avec une formule nette : « Le glioblastome est un cancer pour lequel, depuis des années et des années, il ne s’est rien passé ».

Un programme géant, pensé sur plusieurs années

L’AECC met donc 10 millions d’euros sur la table pour Gliolife-AECC, un projet piloté par le VHIO et l’Hôpital universitaire 12 de Octubre. Le dispositif réunit 42 partenaires, s’appuie sur 24 hôpitaux répartis dans 13 provinces, et doit durer plus de cinq ans, avec une possible prolongation de deux ans.

Ce n’est pas un petit programme de labo. C’est un réseau national, avec une logique de collecte de données, d’analyse biologique et d’essais cliniques. Clairement, l’ampleur est rare sur ce type de tumeur.

Chercher la cause, suivre la tumeur, tester des traitements

Le projet va travailler sur plusieurs fronts. D’abord, comprendre l’origine de la maladie, encore mal connue. Juan Manuel Sepúlveda, du 12 de Octubre et de l’Instituto de Investigación i+12, veut vérifier si ce cancer est vraiment seulement aléatoire, ou si des facteurs extérieurs jouent un rôle.

Les chercheurs vont donc regarder où vivent les patients, leur mode de vie, et une éventuelle exposition au radon ou à d’autres substances. En parallèle, les équipes chercheront pourquoi les traitements actuels échouent, avec une place importante donnée à l’immunothérapie. Dès qu’une cible thérapeutique sera validée, le passage en clinique suivra. Le premier essai doit démarrer le mois prochain au Vall d’Hebron.

Une appli pour inclure les patients partout en Espagne

Autre point très concret, une application mobile doit permettre à n’importe quel patient en Espagne de se connecter au programme, de donner sa tumeur pour caractérisation et d’intégrer la recherche. L’idée, ce n’est pas seulement de recruter plus vite. C’est aussi d’améliorer l’équité territoriale et l’accès aux essais cliniques, quel que soit le lieu de résidence.

Au-delà de ce projet, la bataille du financement

Gliolife-AECC est le troisième projet financé dans l’initiative Ayuda Reto AECC 70% Supervivencia, qui vise plus de 70 % de survie au cancer d’ici 2030. Mais l’AECC insiste sur un point, quand même, essentiel : la recherche ne peut pas avancer par à-coups.

Ramón Reyes alerte sur les coupes européennes, avec 4 milliards d’euros retirés au Plan européen de lutte contre le cancer, et sur l’absence du cancer dans les discussions du cadre budgétaire 2028-2034. Pour les patients, l’enjeu est simple : si les budgets ralentissent, les progrès ralentissent aussi.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

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