Deux oiseaux marins testés positifs au H5N1 en Australie changent la donne. Le risque humain reste faible, mais la faune et les élevages sont désormais sous pression.
- Le H5N1 est confirmé en Australie
- Le risque humain reste faible
- Faune sauvage et élevages sont surveillés
L’Australie n’est plus le dernier continent épargné par cette souche de grippe aviaire. Deux oiseaux marins testés positifs au H5N1, un brown skua et un giant petrel, ont été identifiés près d’Esperance, en Australie-Occidentale.
L’Australie perd son statut d’exception
Ce n’est pas un simple épisode local. Les analyses ont confirmé la souche hautement pathogène HPAI H5N1 clade 2.3.4.4b, celle qui circule déjà à l’échelle mondiale et qui s’étend vite entre espèces et territoires. Depuis cinq ans, elle a tué des millions d’animaux sauvages et de volailles.
Pour l’Australie, c’est une première. Et la vraie question, maintenant, tient en peu de mots : cas isolés ou début d’un foyer plus large ? La souche en cause pose un problème différent des flambées déjà vues dans le pays, parce qu’elle touche un éventail d’espèces plus large et a déjà franchi à plusieurs reprises la barrière vers des mammifères, notamment des bovins laitiers, des phoques et des otaries.
Pourquoi ces espèces donnent un indice clé
Le choix des deux espèces n’a rien d’anodin. Ces oiseaux de l’océan Austral parcourent de très longues distances et peuvent être contaminés en fouillant des carcasses. Leur détection sur le continent australien oriente vers une arrivée du virus par les mouvements de faune du sud, plutôt que par les routes migratoires d’oiseaux côtiers venant du nord.
Des travaux de recherche cités dans la source montrent déjà une propagation du virus sur des milliers de kilomètres dans l’océan Austral depuis l’Amérique du Sud, à partir de 2023. Le séquençage génétique sera donc décisif pour comparer ce virus avec ceux observés sur Heard Island, en Antarctique ou ailleurs.
Faune sauvage, élevages, humains : qui est exposé
Les espèces les plus fragiles sont celles qui vivent en colonies ou qui charognent. La source cite notamment les sternes, les fous de Bassan et les albatros. Les Tasmanian devils sont aussi plus exposés, tout comme les phoques à fourrure australiens. S’ajoutent des oiseaux d’eau douce comme les canards, capables de diffuser des virus grippaux par l’eau.
Pour certaines espèces très menacées, l’enjeu est brutal. Quelques morts pourraient suffire à mettre en danger l’ensemble d’une population, comme chez les orange-bellied parrots. Et il n’y a pas que la biodiversité. Aux États-Unis, cette souche a déjà ravagé les filières de volaille et de lait, avec abattages massifs à la clé.
Côté humain, le risque actuel est jugé faible. Les infections restent rares et surviennent surtout après contact direct ou indirect avec des animaux infectés ou des environnements contaminés, par exemple sur des plages avec oiseaux malades ou mammifères marins morts.
La réponse existe, mais elle doit changer d’échelle
Bon, l’Australie avait un peu d’avance. Depuis 2024, une taskforce nationale coordonnée par la National Emergency Management Agency et plusieurs ministères fédéraux a mené des exercices et renforcé la surveillance.
Maintenant, il faut passer du plan à l’exécution. Cela passe par plus de contrôle autour des oiseaux marins, des zones humides, des mammifères marins, des charognards et des élevages, y compris les basses-cours. Les producteurs avicoles doivent limiter les contacts entre oiseaux sauvages et domestiques, protéger eau et nourriture, puis signaler immédiatement toute maladie inhabituelle ou mortalité.
Le public a aussi un rôle concret. Il peut signaler les oiseaux ou mammifères marins malades ou morts à la ligne d’urgence australienne dédiée aux maladies animales, noter le lieu, prendre des photos à distance et surtout éviter tout contact, y compris pour les chiens.