L’OMS signale une circulation mondiale plutôt faible de la grippe et du VRS, avec une positivité Covid sous 10 % dans la plupart des pays déclarants.
En bref
- Grippe et VRS restent globalement peu actifs
- Covid sous 10 % dans la plupart des pays
- L’OMS demande une surveillance solide avant l’hiver
Avoir des niveaux plutôt bas, c’est une bonne nouvelle. Mais en santé publique, ça ne vaut pas grand-chose si la surveillance lâche au moment où les virus respiratoires repartent. C’est le message qu’a martelé l’OMS lors d’un webinaire de son réseau EPI-WIN, consacré à la préparation de la saison d’hiver dans l’hémisphère nord.
Des signaux plutôt calmes, avec quelques zones sous tension
Sur le plan mondial, l’activité de la grippe reste relativement faible, d’après l’OMS. Le tableau n’est pourtant pas uniforme. Certaines zones d’Amérique du Sud, ainsi que des parties de l’Asie et de l’Océanie, affichent encore des niveaux élevés.
Le VRS, le virus respiratoire syncytial, reste lui aussi à bas niveau dans l’ensemble. Côté Covid-19, la positivité reste sous les 10 % dans la majorité des pays qui ont transmis des données. Ce point compte, mais avec une limite évidente : il ne dit rien des pays qui ne remontent pas ou peu d’informations.
Pourquoi la surveillance change tout
Pour l’OMS, la surveillance des virus respiratoires sert de socle. Elle permet de comprendre l’impact de la grippe, du SARS-CoV-2 et du VRS sur les populations, mais aussi sur les systèmes de santé.
Le dispositif central, c’est le GISRS, le Système mondial de surveillance et de réponse à la grippe. Les pays et leurs partenaires y partagent des données épidémiologiques et virologiques. Avec ça, on suit la circulation des virus, on évalue la gravité des maladies et on estime leur charge. En pratique, cela pèse sur les stratégies de vaccination, l’organisation des soins et les décisions de santé publique.
Avant l’hiver, l’OMS insiste sur la préparation
À l’approche de l’hiver dans l’hémisphère nord, Maria Van Kerkhove, qui dirige le département Préparation et prévention des épidémies et pandémies à l’OMS, a insisté sur un point simple : il faut maintenir une vigilance continue pour repérer tout changement dans la circulation de ces virus et permettre une réponse rapide.
Elle a aussi rappelé que les pays, les communautés et la population ont intérêt à se préparer maintenant, notamment parce qu’il existe déjà des vaccins, des traitements et des mesures de santé publique et sociales capables de réduire la transmission, les formes graves et les décès.
Le vrai point faible, ce sont les trous dans les données
Autre signal important, plus technique mais loin d’être anodin. Aspen Hammond, de l’unité des menaces respiratoires mondiales de l’OMS, a expliqué que le GISRS ne suit plus seulement la grippe : il a été élargi au VRS et à la Covid-19. Il fonctionne aussi comme un système d’alerte pour des événements inhabituels pouvant compter pour la santé publique.
Et là, clairement, le bât blesse. Selon l’OMS, environ 60 % des pays ne transmettent pas de données récentes et continues sur le SARS-CoV-2 via la plateforme de surveillance. L’organisation demande donc de combler ces lacunes et rappelle que, dans le cadre du Règlement sanitaire international, toute infection humaine par un nouveau virus grippal, un virus zoonotique de la grippe ou le MERS-CoV doit être signalée immédiatement. Pour vous, ça change quoi ? Une chose très concrète : des chiffres solides restent la condition pour anticiper, et pas seulement réagir.