Une étude espagnole a mis en évidence que des femmes traitées avec de l’acide urique juste après un AVC avait moins de séquelles que celles qui n’avaient pas reçu le traitement. L’acide urique combat les effets néfastes des radicaux libres faisant suite au retrait d’un caillot
AVC : l’acide urique limiterait les séquelles chez les femmes
Les conséquences d’un accident vasculaire cérébral (AVC) sont souvent très handicapantes : des paralysies, une difficulté pour parler, une perte de la mobilité, etc. Pour pallier ces inconvénients, la recherche a fait de nombreux progrès ces dernières années et utilise notamment de l’acide urique immédiatement après la crise.
Une équipe de chercheurs espagnols, dirigée par le Pr Angel Chamorro, directeur du Barcelona’s Comprehensive Stroke Center, a cherché à vérifier l’efficacité du traitement. Ils ont réanalysé les données d’un essai en double aveugle de 2014 (IRICO-ICTUS) qui concernait des patients admis dans les centres traitant les AVC en Espagne.
L’échantillon concernait 206 femmes et 205 hommes. La moitié de chaque groupe avait reçu au hasard soit 1 000 mg du traitement à l’acide urique, soit un placebo administré par perfusion intraveineuse et cela pendant trois mois après l’AVC. Les résultats, publiés dans le journal « Stroke », ont montré que 42% des femmes traitées avec de l’acide urique avaient connu une grande amélioration de leurs symptômes contre 29% seulement chez les femmes traitées avec le placebo.
L’acide urique va contrer l’action négative de ces radicaux libres
Ceci s’explique par le fait que lors d’un AVC ischémique, la forme la plus courante d’AVC, un caillot vient boucher une des artères qui fournit de l’oxygène au cerveau. Si le cerveau n’est pas réoxygéné rapidement, les dégâts commencent à se manifester. Les médecins enlèvent donc ce caillot et l’oxygène peut de nouveau entrer dans le cerveau. Mais il libère à ce moment des radicaux libres qui peuvent endommager les tissus environnants. Or l’acide urique va contrer l’action négative de ces radicaux libres et protéger ainsi le cerveau.
En revanche, les chercheurs ont constaté avec surprise que les hommes traités avec l’acide urique n’enregistraient pas de bénéfices particuliers par rapport à ceux qui avaient pris le placebo. Ils l’expliquent en rappelant que les femmes ont moins d’acide urique dans le corps que l’homme et qu’ainsi, une supplémentation efficace donne de meilleurs résultats.
Accident vasculaire cérébral
Un accident vasculaire cérébral (AVC), anciennement accident cérébro-vasculaire (ACV) et parfois appelé attaque cérébrale, est un déficit neurologique soudain d’origine vasculaire causé par un infarctus ou une hémorragie au niveau du cerveau. Le terme « accident » est utilisé pour souligner l’aspect soudain voire brutal de l’apparition des symptômes, bien qu’il s’agisse en réalité d’une maladie, ses causes étant de nature interne.
Les symptômes peuvent être très variés d’un cas à l’autre selon la nature de l’AVC (ischémique ou hémorragique), l’endroit et la taille de la lésion cérébrale, ce qui explique un large spectre : aucun signe remarquable, perte de la motricité, perte de la sensibilité, trouble du langage, perte de la vue, perte de connaissance, décès. Ces symptômes, s’ils apparaissent très rapidement (en quelques secondes), peuvent disparaître aussitôt ou en quelques heures (on parle alors d’AIT) ou au contraire persister plus longtemps (on parle alors d’AIC). En cas de survie, le processus de récupération est encore mal connu, mais une période de récupération spontanée allant de quelques semaines à quelques mois, suivie d’une période d’évolution plus lente pendant plusieurs années, est constatée.
Acide urique
L’acide urique est un composé chimique de formule brute C5H4N4O3. C’est une molécule quasiment insoluble dans l’eau résultant de la dégradation et de l’excrétion des purines (principalement la guanine et l’adénine) chez l’homme et les primates supérieurs, qui ne possèdent plus l’enzyme conduisant à l’allantoïne présente chez la plupart des autres mammifères.
Chez les oiseaux et les reptiles, l’acide urique est aussi le produit d’élimination des purines, mais son excrétion se fait dans les selles et non dans les urines comme chez l’homme (uricotélie).
L’acide urique est présent en faible quantité dans le sang (uricémie) des mammifères (36 à 69 mg·l-1 chez l’être humain).