Le froid hivernal accroît le risque d’infarctus : nos conseils pour vous protéger cette saison

Image d'illustration. Hiver, mains froides. ADN
À l’approche de l’hiver, la baisse des températures s’accompagne d’un risque accru d’infarctus. Découvrez pourquoi le froid peut fragiliser le cœur et quelles précautions prendre pour se protéger efficacement lors des périodes de grand froid.
Tl;dr
- Froid intense accroît le risque d’infarctus.
- L’effet apparaît 2 à 6 jours après exposition.
- Tous les profils cardiaques concernés, selon l’étude suédoise.
Quand le froid s’attaque au cœur : un risque insidieux
Le lien entre la météo hivernale et les maladies respiratoires n’est plus à démontrer, mais une étude présentée lors du congrès de la European Society of Cardiology 2024 et publiée dans le Journal of the American College of Cardiology met en lumière un phénomène moins connu : l’impact du froid extrême sur la survenue des infarctus du myocarde. Ce travail, mené en Suède où les hivers sont rudes, révèle que les périodes de froid marqué augmentent sensiblement le risque d’attaque cardiaque — un effet qui ne se manifeste pas immédiatement, mais plutôt deux à six jours après l’exposition.
L’étude suédoise : chiffres et enseignements inédits
Sur près de 120 380 personnes issues du registre SWEDEHEART, suivies d’octobre à mars entre 2005 et 2019, les chercheurs ont analysé la corrélation entre épisodes de « vague de froid » (au moins deux jours consécutifs avec des températures inférieures au dixième percentile) et hospitalisations pour infarctus. Fait marquant, ni les primo-infarctus ni les récidives ne sont épargnés par ce phénomène : tous les profils paraissent exposés de façon similaire.
Pourquoi ce délai ? Les auteurs avancent que lors des premiers jours glacials, chacun tend spontanément à limiter ses sorties ou efforts physiques. Mais dès que ce réflexe s’atténue, la charge physiologique accumulée — vaisseaux sanguins contractés, hausse de la pression artérielle, coagulation accrue — finit par augmenter brutalement le risque d’accident cardiaque.
Mécanismes physiologiques : comment le froid agit sur le système cardiovasculaire
Sous l’effet du froid, plusieurs réactions s’enchaînent : la vasoconstriction provoque une élévation de la pression sanguine ; le sang devient plus épais et susceptible de former des caillots. Par ailleurs, la libération d’hormones comme l’adrénaline sous stress thermique surcharge encore davantage le cœur. Selon Wenli Ni, auteur principal de l’étude, prendre conscience de ces risques différés pourrait permettre d’adapter nos comportements préventifs.
Prévention : réduire son exposition et adapter ses habitudes
Adopter quelques gestes simples peut limiter ce danger. Ainsi :
- S’habiller chaudement, notamment au niveau des extrémités ;
- Éviter toute activité intense à l’extérieur lors des vagues de froid ;
- Maintenir son logement bien chauffé ;
- Poursuivre son traitement habituel sans interruption et consulter rapidement si des symptômes apparaissent.
Ces travaux soulignent l’importance d’une vigilance renforcée pendant et après une période de grand froid — non seulement pour les personnes ayant déjà un antécédent cardiaque, mais aussi pour l’ensemble de la population. Ainsi, face à l’hiver nordique ou aux brusques chutes de température ailleurs, adapter ses habitudes devient plus qu’un simple confort : c’est une mesure protectrice pour le cœur.
