Les compléments de collagène sont de plus en plus populaires auprès des personnes souhaitant perdre du poids. Des chercheurs se sont penchés sur leur efficacité, analysant les résultats d’études récentes pour mieux comprendre leur impact réel sur la silhouette.
- Collagène : perte de poids doublée selon une étude.
- Résultats prometteurs mais limites méthodologiques importantes.
- Essai à envisager, sous contrôle médical recommandé.
Un nouvel espoir pour la perte de poids ?
Si le collagène est souvent cité pour ses effets sur la peau et les articulations, il attire désormais l’attention pour un tout autre motif. Selon une récente étude dévoilée lors du European Congress on Obesity et publiée dans la revue Nutrients, la consommation régulière de barres protéinées enrichies en collagène aurait permis à certains participants de perdre deux fois plus de poids qu’un groupe témoin. Un constat qui suscite autant d’enthousiasme que de prudence.
L’étude en question : méthodologie et résultats
Menée auprès de 64 adultes âgés de 20 à 65 ans présentant un surpoids ou une obésité, cette recherche a réparti les volontaires en deux groupes distincts durant douze semaines. Tandis que l’un consommait deux barres protéinées au collagène avant les principaux repas, l’autre se contentait d’un simple verre d’eau. Résultat :
- Perte moyenne de poids supérieure chez les consommateurs de collagène (3 kg contre 1,5 kg environ).
- Diminution plus marquée du tour de taille et de la pression artérielle.
- Masse musculaire préservée, point souvent difficile lors d’une perte pondérale rapide.
La formulation des barres mérite d’être précisée : elles contenaient non seulement dix grammes de collagène bovin, mais aussi divers ingrédients comme du chocolat noir, des fibres végétales ou encore des protéines de soja.
Des explications biologiques… mais des zones d’ombre
Selon le Pr Fermín Milagro, ces effets s’expliqueraient notamment par la capacité du collagène à « s’étendre dans l’estomac et favoriser la satiété ». D’autres pistes sont avancées, telles que sa digestion lente ou son impact possible sur le microbiote intestinal. Cependant, plusieurs experts appellent à relativiser ces résultats. En cause : la brièveté du suivi (douze semaines seulement), la taille réduite du panel étudié et la difficulté à isoler l’effet précis du collagène face aux autres composants des barres.
Ajoutons qu’une entreprise spécialisée dans le collagène, Viscofan, a financé ces travaux. Ce détail n’annule pas les conclusions obtenues mais invite à prendre du recul.
Cela vaut-il le coup d’essayer ?
D’après le Dr Kyle Thompson, s’il existe peu de risques majeurs à tester ce type de supplément — sous réserve d’avis médical, surtout en cas d’allergies alimentaires — il convient néanmoins d’éviter tout emballement prématuré. Les produits utilisés restent difficiles à trouver pour le grand public, et tous les compléments ne se valent pas quant à leur qualité ou leur composition. Pour l’heure, miser sur des approches éprouvées demeure sans doute plus sage. Mais qui sait si le collagène, déjà star des cosmétiques, ne trouvera pas bientôt sa place parmi les alliés reconnus contre l’obésité ?