Médecins du Monde (MdM) a appelé mardi les parlementaires à améliorer le projet de loi santé, jugé trop timide en matière de lutte contre les inégalités, l’ONG préconisant notamment une fusion de l’aide médicale d’État (AME) et de la couverture maladie universelle (CMU).
« Dans la perspective des débats sur la loi de santé à l’Assemblée nationale le 31 mars 2015, Médecins du Monde interpelle les pouvoirs publics sur les enjeux de santé pour les plus précaires », a annoncé l’ONG française dans un communiqué.
MdM estime qu’en dépit d' »avancées pour les personnes les plus vulnérables », le projet de loi de la ministre, Marisol Touraine, « reste en deçà des objectifs » fixés dans la Stratégie nationale de santé, son plan pour le quinquennat présenté en 2013. « Globalement, on est au milieu du gué », a déploré le président de Médecins du monde, Thierry Brigaud, lors d’un point presse à Paris. « On a l’impression que le gouvernement n’a pas totalement pris de décisions » en matière d’accès aux droits et aux soins.
S’il salue certaines dispositions, comme la généralisation du tiers payant (dispense d’avance de frais) ou l’expérimentation de salles de shoot, destinées à réduire les risques liés à la consommation de drogue, Thierry Brigaud regrette l’absence de mesures concernant la CMU, la CMU-C (complémentaire) ou l’AME. « Près de 90% des personnes accueillies pour la première fois dans un centre de soins MdM ne disposent d’aucune couverture maladie alors que près des trois quarts pourraient y avoir accès », souligne l’ONG.
Outre un « relèvement du seuil de la CMU-C jusqu’au seuil de pauvreté » (977 euros mensuels, ndlr), Médecins du monde réclame la fusion de l’AME, réservée aux étrangers sans papiers ni ressources, « dans la CMU » afin d’améliorer l’accès aux soins et de réduire les frais de gestion. Une politique de prévention plus volontariste ou encore l’ouverture d’un débat public sur le mode de fixation des prix des médicaments font également partie des recommandations de l’ONG.
La « loi présentée ne prépare en rien à l’arrivée d’innovations que notre système de santé ne pourra pas financièrement supporter », estime MdM, s’appuyant sur l’exemple « caricatural » du sofosbuvir, médicament efficace contre l’hépatite C, au prix exorbitant (41.000 euros pour trois mois de traitement).