Une étude publiée en 2026 attribue 55% de la durée de vie aux gènes. Un résultat fort, mais qui ne relègue pas l’alimentation, le tabac ou le sommeil au second plan.
En bref
- Une étude chiffre l’effet des gènes à 55%
- Le mode de vie reste loin d’être secondaire
- L’épigénétique relie hérédité et habitudes
Vos gènes compteraient plus qu’on ne le croyait pour votre durée de vie. Beaucoup plus, même. Une étude publiée en 2026 estime que l’hérédité expliquerait 55% de notre espérance de vie.
Ce chiffre ne veut pas dire que tout est écrit d’avance. Il dit autre chose, plus intéressant : la part de la génétique aurait été sous-estimée pendant des années.
Les gènes pèseraient plus lourd qu’attendu
Les travaux plus anciens donnaient des estimations très dispersées sur le poids réel des gènes. L’équipe du Weizmann Institute of Science, en Israël, a tenté de nettoyer le calcul en retirant des causes de décès prématuré liées à l’extérieur, comme les accidents, les maladies infectieuses ou les conditions de vie.
Leur idée est simple. Ces facteurs brouillent la mesure et font paraître la contribution génétique moins forte qu’elle ne l’est vraiment. Si leur approche tient, elle change pas mal de choses, autant pour les chercheurs qui travaillent sur la longévité que pour le grand public.
Pourquoi certains gènes reviennent toujours
Dans ce champ de recherche, les scientifiques pensent que des centaines, peut-être des milliers de gènes, influencent la durée de vie. Pourtant, seuls quelques-uns ont été identifiés puis confirmés par des études jugées robustes et répliquées.
On retrouve par exemple APOE, lié à la santé cardiovasculaire et au risque de maladies neurodégénératives. Et puis FOXO3, un gène qui intervient dans le métabolisme énergétique, la santé cellulaire, l’immunité ou encore l’inflammation. Ses variantes apparaissent régulièrement chez des personnes qui vivent jusqu’à 95 ans ou plus.
L’hypothèse qui monte, c’est que les gènes les plus décisifs ne sont pas des gènes de longévité au sens strict. Ils agissent plutôt sur les grands mécanismes biologiques qui nous gardent en meilleure santé, plus longtemps, ou non.
Le mode de vie garde une vraie marge d’action
Mais réduire la question aux seuls gènes serait une erreur. Une étude menée au Royaume-Uni en 2023 a montré qu’un passage d’une alimentation défavorable à des habitudes alimentaires associées à la longévité pouvait ajouter jusqu’à 10 ans de vie.
À l’inverse, le tabac en ferait perdre 10. Une autre étude, publiée en 2024, estimait qu’une cigarette coûtait 20 minutes de vie. L’activité physique, la qualité du sommeil, la situation socioéconomique, le bien-être mental, la gestion du stress, ainsi que les liens sociaux et la vie de communauté reviennent aussi très souvent dans les travaux sur la longévité.
L’épigénétique, le point de rencontre décisif
C’est là qu’entre en scène l’épigénétique, cette discipline qui étudie la manière dont l’environnement et les comportements modifient l’expression des gènes. En gros, la façon dont le mode de vie passe sous la peau.
En 2023, une étude marquante chez la souris a montré que la manipulation de l’épigénome pouvait faire avancer ou reculer le vieillissement chez les mammifères. Résultat, les chercheurs se demandent désormais si certains marqueurs du vieillissement peuvent être inversés, et même si nos cellules pourraient être en partie réinitialisées.
On comprend mieux pourquoi pas mal de milliardaires regardent ce domaine de très près. Pour vous, la leçon est plus terre à terre : les gènes pèsent lourd, oui, mais ils n’effacent pas ce que la vie quotidienne fait au corps.