En Espagne, 8 patients sur 10 jugent leur handicap sous-estimé. Leur quotidien, leur sommeil et leur travail sont pourtant fortement touchés.
En bref
- 8 patients sur 10 se sentent sous-estimés
- Le travail, le sommeil et le moral reculent
- La maladie reste souvent mal reconnue
Deux personnes sur trois disent que leur qualité de vie est sérieusement touchée, mais la migraine chronique reste souvent perçue comme un simple mal de tête. C’est tout le problème mis en lumière par un rapport de Lundbeck Iberia, mené auprès de 850 personnes déclarant vivre avec cette forme de migraine. Et l’écart est net, 80,8% des répondants estiment que leur handicap est sous-évalué.
Un trouble qui déborde largement la douleur
Ce que racontent les chiffres, c’est une maladie qui mord sur des gestes très ordinaires. Les activités quotidiennes de base sont touchées pour 53,5% des personnes interrogées. La santé mentale et l’humeur suivent, à 48,8%.
Le sommeil se dégrade pour 41,5% des répondants. La vie sociale et les loisirs reculent aussi, à 34,8%. Bref, on est loin d’une crise qui ne durerait que quelques heures avant de disparaître sans traces.
Au travail et en cours, les effets deviennent très concrets
Là aussi, les chiffres parlent assez fort. Parmi les patients interrogés, 53,2% disent que leur rendement a baissé au travail ou dans les études. Et 38,7% ont déjà manqué le travail ou les cours pendant une crise.
Plus lourd encore, 15,4% ont demandé un arrêt de travail. Puis 13,5% déclarent avoir cessé de travailler, de manière temporaire ou permanente. Pour une maladie souvent banalisée, l’impact économique et social est quand même très tangible.
Pourquoi les patients parlent d’une maladie invisible
Le sentiment d’invisibilisation revient massivement. Selon l’enquête, 84,7% des personnes interrogées pensent que la migraine est confondue avec un mal de tête ordinaire. Et 80,6% jugent qu’elle est à la fois sous-diagnostiquée et sous-estimée.
Lors de la présentation du rapport, Lluís Pujadas, directeur médical de Lundbeck Iberia, a rappelé que la migraine restait trop souvent minimisée. Il a même résumé ce biais d’un mot simple, en expliquant qu’on la confond encore avec « un simple mal de tête », alors que ses effets sur la vie des patients vont bien au-delà.
Des chiffres massifs en Espagne comme dans le monde
Le rapport précise aussi l’ampleur du phénomène. La migraine concernerait 1,3 milliard de personnes dans le monde. En Espagne, elles seraient 4 millions, dont plus d’un million avec une forme chronique.
Autre donnée utile pour lire ces résultats, 80% des 850 répondants sont des femmes. Pas de quoi tout expliquer, mais assez pour comprendre une chose très concrète pour vous comme pour les proches de patients, la migraine chronique n’abîme pas seulement les journées de crise, elle pèse sur toute l’organisation de la vie.