Ordre des infirmiers : Le gouvernement redit son opposition à sa suppression

Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat chargée de la famille, a rappelé mardi que le gouvernement était opposé à la suppression de l’Ordre des infirmiers votée par le parlement le mois dernier, invitant toutefois cette instance contestée à « renforcer sa légitimité ».

A l’heure où le gouvernement veut favoriser le maintien des patients à domicile et la coopération entre professionnels de santé, il est « nécessaire qu’une instance reconnue par tous participe à la construction d’une identité professionnelle », a estimé Laurence Rossignol, s’exprimant pour la ministre Marisol Touraine lors de la séance des questions au gouvernement.

Mais dans le cadre de la loi santé, l’Assemblée nationale a « adopté un amendement supprimant l’Ordre des infirmiers, signifiant que ce dernier ne remplissait pas en l’état sa mission », a rappelé Laurence Rossignol. « Marisol Touraine avait alors rappelé la position défavorable du gouvernement, l’Ordre des infirmier s’inscrivant désormais dans une trajectoire plus positive » après « des débuts difficiles » depuis sa création en 2006.

« L’Ordre doit aujourd’hui intensifier son travail de pédagogie et de dialogue avec la profession pour renforcer sa légitimité », a ajouté Laurence Rossignol.  « C’est à l’aune de ce travail que l’ensemble des acteurs et que la représentation nationale pourront être convaincus qu’il est désormais en capacité de jouer pleinement son rôle », a-t-elle dit, alors que la loi santé doit encore être examinée au Sénat.

Face aux contraintes budgétaires, « tous les ordres doivent faire des efforts de maîtrise de leurs charges et donc de modération du montant des cotisations », a-t-elle en outre souligné, rappelant que ces cotisations « doivent financer strictement les missions » de l’Ordre définies par la loi (déontologie, relais auprès des pouvoirs publics).

Plus tôt dans la journée, le président de l’Ordre infirmier, Didier Borniche, s’était réjoui des engagements réitérés de Matignon et du ministère de la Santé en faveur d’un « rétablissement juridique » de son institution, courrier à l’appui.  « Nous espérons que le bon sens l’emportera » a-t-il déclaré, entouré des représentants d’une vingtaine d’organisations professionnelles, à l’occasion de la journée internationale des infirmières.

L’occasion de défendre « un ordre qui va bien » désormais et dont la situation financière est « totalement saine », selon lui.

L’Ordre des infirmiers est le deuxième des sept ordres de profession de santé en France, mais peine à fédérer la profession: il compte 168.000 inscrits, sur un total de quelque 600.000 infirmiers en France.

Sa suppression était portée par la députée apparentée socialiste Annie Le Houerou, qui a pointé « la mauvaise gestion de l’Ordre », son « défaut de représentativité » et le fait qu’il créérait « des tensions dans la profession ».