Pollution de l’air et Parkinson : un signal plus net qu’on pensait

Pollution air
Image d'illustration. Pollution air — ADN

Une vaste analyse relie l’exposition prolongée aux particules fines à un risque accru de maladie de Parkinson. Un effet modeste, mais lourd à l’échelle d’une population.

En bref

  • Les PM2.5 sont liées à plus de Parkinson
  • Le signal est plus net pour Parkinson
  • Les autres maladies restent moins claires

Un chiffre suffit à poser le sujet. D’après une vaste analyse menée par l’Université de Cambridge, une hausse durable de 5 microgrammes par mètre cube de PM2.5, les particules fines en suspension dans l’air, est associée à un risque accru d’environ 10% de développer la maladie de Parkinson.

Un risque qui monte avec les particules

Publiée dans Environment International, cette méta-analyse a passé en revue 42 études portant sur des populations d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie. C’est, selon les chercheurs, l’examen le plus large à ce jour sur le lien entre pollution de l’air extérieur et grandes maladies neurodégénératives.

Le signal le plus solide concerne Parkinson, avec 26 études incluses sur cette seule maladie. Les auteurs observent aussi qu’une augmentation de 15 microgrammes par mètre cube de PM10, des particules plus grosses, est liée à un risque supérieur de 18%. Ces PM10, ce sont par exemple le pollen, certaines poussières agricoles, la suie, les cendres d’incendie ou encore des spores de moisissures. À titre de repère, la concentration moyenne de PM2.5 mesurée en bord de route dans le centre de Londres en 2023 atteignait 10 microgrammes par mètre cube.

Pourquoi ce résultat compte en santé publique

Personne n’est condamné parce qu’il vit dans un air pollué. Et c’est important de le dire. Le risque individuel reste relativement faible, tandis que d’autres facteurs, comme l’âge, la génétique ou l’alimentation, comptent aussi.

Mais à l’échelle d’une population, l’histoire change. Des millions de personnes respirent cet air tous les jours, en ville bien sûr, mais pas seulement. Du coup, une hausse de risque même modeste peut se traduire par un nombre supplémentaire de cas loin d’être anecdotique.

Ce que l’étude ne montre pas clairement

Tout n’est pas tranché. Les chercheurs n’ont pas trouvé de preuve convaincante reliant l’exposition prolongée aux PM2.5 ou au dioxyde d’azote à la sclérose en plaques. Même prudence pour les maladies du motoneurone, dont la sclérose latérale amyotrophique.

Le problème, c’est le volume de données. Il n’y avait que trois études pour la sclérose en plaques, et trois aussi pour les maladies du motoneurone. Annalan Navaratnam, chercheuse clinicienne à l’Université de Cambridge, estime que l’absence de lien clair peut aussi tenir à la manière dont certaines études ont été conçues. Elle appelle à davantage de travaux, sur de plus grandes populations, et parle d’« un important enjeu de santé publique ».

Un enjeu qui dépasse les poumons

Ce n’est pas seulement une affaire respiratoire. Les particules les plus fines peuvent pénétrer dans les poumons, passer dans le sang, puis atteindre d’autres organes, y compris le cerveau. Elles sont associées à de l’inflammation et à du stress oxydatif.

Alexandra Tien-Smith, épidémiologiste à l’Université de Cambridge, rappelle que les effets nocifs de la pollution concernent déjà de nombreux organes et vont jusqu’à la mortalité prématurée. Bref, améliorer la qualité de l’air ne fera pas disparaître Parkinson. Mais sur un facteur de risque que l’on peut modifier, ce genre de résultat compte quand même pour le débat public.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

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