Repousser l’âge légal de départ est lié à une vie plus longue

Scène large d'un jardinier qui désherbe dans un potager.
Image d'illustration. Jardinier au travail dans un potager — ADN

Une étude menée sur 48 pays de l’OCDE et de la Banque mondiale lie âge légal de départ et espérance de vie. Le signal existe, mais il varie beaucoup selon les pays.

En bref

  • Un an de plus, 1,4 mois associés
  • L’effet varie selon les pays
  • Aucune preuve automatique de causalité

Retarder d’un an l’âge légal de la retraite est associé à environ 1,4 mois de vie supplémentaires. C’est le résultat qui frappe dans une étude publiée en janvier 2026 dans Humanities and Social Sciences Communications, à partir de données de 48 pays issues de l’OCDE et de la Banque mondiale entre 2005 et 2021.

Un lien statistique, pas une preuve mécanique

Les chercheurs Juan Luo et Xinyu Ma ont mesuré la relation entre âge légal de départ et espérance de vie. Dans leur modèle principal, le coefficient atteint 0,116. Traduit simplement, cela signifie qu’un report d’un an de l’âge légal est lié à 0,116 année de vie en plus, soit à peu près 1,4 mois.

C’est un signal intéressant. Mais il faut le lire pour ce qu’il est, une association. Pas une démonstration selon laquelle travailler plus longtemps ferait, à lui seul, vivre plus longtemps.

Pré-retraite, mémoire, isolement, ce que disent les travaux

D’autres recherches sont souvent citées quand on parle de départ anticipé. L’étude Whitehall II, menée sur 3.433 fonctionnaires britanniques, a suivi l’évolution de plusieurs capacités cognitives jusqu’à 14 ans avant et après la retraite.

Elle observait un déclin de la mémoire verbale 38% plus rapide après la retraite qu’avant, une fois pris en compte le vieillissement lié à l’âge. Le travail peut aussi structurer une part importante des contacts sociaux. Or la littérature scientifique relie solitude et isolement social à des résultats de santé plus défavorables, avec notamment un risque accru de déclin cognitif et de mortalité.

Mais là encore, prudence. Ces résultats ne prouvent pas qu’une préretraite raccourcit automatiquement la vie.

Selon les pays, l’effet n’a rien d’un bloc homogène

Quand les auteurs séparent les pays étudiés, le tableau change franchement. Dans les 32 pays développés, l’effet estimé n’est que de 0,03 et il n’est pas statistiquement significatif. Dans les 16 pays en développement, le coefficient grimpe à 0,147.

Autre point, les écarts entre hommes et femmes. Dans les pays où l’âge légal est identique pour les deux sexes, la relation paraît faible. Là où les âges diffèrent, l’effet ressort davantage.

Ce que l’étude permet de dire, et ce qu’elle ne dit pas

Le résultat le plus net, c’est que retarder la retraite ne montre pas, dans ces données, d’effet négatif évident sur l’espérance de vie. Bon, cela ne suffit pas à trancher un débat de politique publique à lui seul.

Les auteurs pointent eux-mêmes plusieurs limites. Leur indicateur principal est l’espérance de vie à la naissance, qui ne capte pas tous les mécanismes en jeu. Ils estiment que de futurs travaux devraient regarder l’espérance de vie à partir de 65 ans, intégrer davantage de pays et ajouter d’autres variables. Pour vous, l’idée à retenir est simple, le lien existe dans les chiffres, mais il n’a rien d’universel ni d’automatique.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

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