Une vaste étude menée au Texas montre des progrès cognitifs à presque tous les âges grâce à des exercices simples. Même après 70 ans, les gains restent nets.
En bref
- Des progrès cognitifs observés de 19 à 94 ans
- Les plus âgés progressent autant que les plus jeunes
- Le mode de vie compte aussi sur le long terme
Près de 4 000 personnes, suivies pendant trois ans, et une conclusion qui mérite qu’on s’y arrête. Le cerveau ne plafonne pas forcément à 20 ou 30 ans. Chez des adultes de 19 à 94 ans, des exercices quotidiens ont été associés à une amélioration mesurable des performances cognitives, quel que soit l’âge.
Presque 4 000 personnes, et un résultat qui surprend
Le travail a été mené par le Center for BrainHealth de l’University of Texas at Dallas et publié dans Scientific Reports. Les participants réalisaient de courtes tâches quotidiennes destinées à travailler la concentration, le raisonnement et la résolution de problèmes. Ils avaient aussi accès à des modules sur le sommeil, le stress, la résilience et d’autres ressources autour de la santé cérébrale.
Résultat, des gains ont été observés sur le plan cognitif, mais aussi émotionnel et social, sur toute la tranche d’âge étudiée. Un point frappe quand même, les personnes dans la soixantaine avancée, la septantaine ou la huitantaine ont progressé autant que des adultes plus jeunes. Et il n’y avait pas, visiblement, de plafond net, même les participants déjà performants au départ ont encore amélioré leur fonctionnement cérébral.
Le pic cognitif à 20 ou 30 ans, vraiment ?
C’est là que l’étude tape juste. Dr Lori Cook, directrice de la recherche clinique au Center for BrainHealth, estime que le monde médical comme le grand public ont trop longtemps raisonné avec un modèle du vieillissement fondé sur le déclin, avec l’idée dépassée d’un sommet cognitif en début d’âge adulte puis d’une chute inévitable.
Elle résume l’idée ainsi : « Nous avons montré que le cerveau n’est pas défini par le calendrier, il est défini par la possibilité. »
Bon, cela ne veut pas dire qu’aucun vieillissement mental n’existe. L’étude ne dit pas ça.
Pourquoi ce travail n’est pas isolé
D’autres recherches vont dans le même sens. Dennis Chan, de l’UCL Institute of Cognitive Neuroscience, rappelle que le vieillissement normal s’accompagne bien d’un certain déclin, avec une mémoire parfois moins précise et une pensée plus lente, mais que ce déclin n’est pas inévitable.
Même idée avec l’essai FINGER, publié en 2015, sur des personnes âgées présentant un risque accru de démence. Cette étude a montré qu’un ensemble d’habitudes favorables à la santé, activité physique régulière, alimentation de bonne qualité et entraînement cognitif, pouvait avoir un effet bénéfique sur la cognition. Chez les participants les plus assidus, cet effet restait mesurable 11 ans plus tard.
Claudia Cooper, professeure de médecine psychologique à la Queen Mary University of London, le formule d’une façon très parlante : « Les études montrent que pratiquer des compétences cognitives améliore la capacité à les utiliser, un peu comme l’entraînement augmente pendant un temps la force des muscles. »
Ce que ça change pour vous est assez simple. Les oublis ne disparaissent pas par magie, mais l’idée d’un cerveau condamné à décrocher avec l’âge prend ici un sérieux coup de vieux.