Rester assis plus de 30 minutes d’affilée accroît le risque de cancer

Un homme détendu sur un canapé, tenant son téléphone mobile d'un air indifférent, éclairé par une lumière douce.
Image d'illustration. Homme sur canapé avec téléphone à la main — ADN

Une vaste étude britannique relie les longues périodes assises sans pause à davantage de cancers. À l’inverse, bouger un peu change nettement la donne.

En bref

  • Au-delà de 30 minutes assis, le risque augmente
  • Les pauses actives sont liées à de meilleurs résultats
  • Étude observationnelle, pas preuve de causalité

Trente minutes. C’est le seuil qui ressort d’une vaste étude publiée dans PLOS Medicine, et il parle tout de suite. Chez les personnes qui restaient assises en continu au-delà de cette durée, les chercheurs ont observé une association avec un risque de cancer plus élevé.

Le point important, c’est que l’étude ne s’arrête pas au total d’heures passées assis. Elle distingue le temps assis prolongé, par séquences d’au moins 30 minutes, du temps assis interrompu par un peu de mouvement. Et ce n’est clairement pas la même chose sur le plan statistique.

Le seuil qui change la lecture du risque

D’après Frederick Ho, épidémiologiste à l’University of Glasgow, les données montrent que s’asseoir plus de 30 minutes d’affilée est particulièrement lié à un risque plus élevé de cancer. Il ajoute, en substance, qu’une courte marche peut avoir un effet protecteur.

Les chercheurs décrivent deux profils. D’un côté, des périodes assises longues, avec au moins 90 % du temps passé sans bouger. De l’autre, des périodes plus courtes, ou des périodes longues mais cassées par de l’activité physique non sédentaire.

Une cohorte massive suivie pendant douze ans

L’analyse porte sur plus de 91 000 adultes issus de UK Biobank. Âge moyen, 56 ans. Aucun n’avait d’antécédent de cancer au départ. Tous ont porté pendant sept jours, en continu, un accéléromètre au poignet pour mesurer leur niveau de mouvement.

Ensuite, leur état de santé a été suivi pendant environ douze ans. Ce n’est pas un détail. On parle ici d’une cohorte très large, avec prise en compte de facteurs comme l’âge, le sexe, l’origine ethnique, le niveau d’études, la situation socio-économique, l’alimentation et le mode de vie. Mais ça reste une étude observationnelle. Elle montre des associations, pas une preuve directe de cause à effet.

Des écarts modestes, mais répétés heure après heure

Chaque heure supplémentaire de temps assis prolongé a été associée à une hausse de 9 % du risque de décès par cancer. Pour l’incidence globale des cancers, la hausse observée est de 3 %. Et pour les cancers liés à l’obésité ainsi qu’au diabète de type 2, elle atteint 5 %.

À l’inverse, le temps assis interrompu est associé à de meilleurs résultats. Une heure supplémentaire dans ce profil correspond à 18 % de risque en moins de mourir d’un cancer, 6 % de moins pour l’incidence globale, 9 % de moins pour les cancers liés à l’obésité et 10 % de moins pour ceux liés au diabète de type 2.

La marche légère n’efface pas tout, mais compte vraiment

La modélisation va dans le même sens. Remplacer une heure par jour de sédentarité prolongée par une activité légère correspondait à 12 % de risque en moins de décès par cancer et à 6 % de moins pour l’incidence.

Bon, il ne faut pas surinterpréter. Les auteurs jugent ce schéma biologiquement plausible, car d’autres travaux expérimentaux ont montré que couper une longue période assise améliore les réponses métaboliques. Pour vous, concrètement, ça change surtout une chose, la façon de regarder la journée. Pas seulement combien de temps on reste assis, mais combien de temps on le reste sans pause.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

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