Une analyse de la FDA sur 259 encres de tatouage et maquillage permanent montre une contamination bactérienne fréquente, même sur des flacons dits stériles.
En bref
- 35,4 % des encres testées étaient contaminées
- L’étiquette stérile ne garantit pas la sécurité
- Des bactéries potentiellement pathogènes ont été retrouvées
Un chiffre, et il est dur à contourner, 35,4 %. C’est la part d’encres de tatouage et de maquillage permanent dans lesquelles l’FDA a retrouvé des bactéries vivantes, à partir de 259 flacons non ouverts analysés dans quatre enquêtes menées entre 2018 et 2024.
Le point important, c’est que ce résultat ne sort pas de nulle part. En 2024, l’agence américaine avait déjà testé 75 encres scellées et observé à peu près la même chose, un tiers de produits contaminés. La nouvelle analyse, publiée dans Scientific Reports, élargit simplement la focale. Et elle confirme que ce n’était pas un accident statistique.
Un constat qui ne ressemble plus à un accident
Les chercheurs, dirigés par le microbiologiste Ohgew Kweon, ont repris les résultats de plusieurs campagnes avec une méthode d’analyse commune. Les encres avaient été ouvertes en laboratoire, puis mises en culture et étudiées par séquençage génétique. Autrement dit, on ne parle pas de simples traces d’ADN, mais de bactéries capables de pousser et de former des colonies.
Les taux variaient d’une enquête à l’autre. Mais une fois les données regroupées, le constat restait très stable, environ un flacon sur trois.
Le mot « stérile » ne protège pas vraiment
C’est probablement le résultat le plus gênant pour le secteur. Parmi les 118 échantillons portant une mention stérile, 30,5 % étaient contaminés. Pour les encres sans cette allégation, on montait à 35,5 %. L’écart existe, mais il rassure assez peu.
Même flou du côté des catégories de produits. Les encres de tatouage affichaient 33,3 % de contamination, contre 33,0 % pour le maquillage permanent. Les produits fabriqués aux États-Unis étaient à 33,5 %, les encres importées à 31,9 %. Bref, ni l’origine, ni le type de produit, ni la couleur ne donnent au consommateur un repère simple pour juger la sécurité d’un flacon.
Quelles bactéries ont été trouvées, et ce que l’étude ne dit pas
Les chercheurs ont isolé plus de 250 souches appartenant à 94 espèces et 38 genres. Les plus fréquents relevaient surtout de Bacillus, puis de Pseudomonas, Staphylococcus et Lysinibacillus. Parmi ces 94 espèces, 34 sont considérées comme des pathogènes potentiels, avec notamment Pseudomonas aeruginosa, Bacillus cereus ou Cutibacterium acnes.
Mais il faut garder la bonne mesure. Une encre contaminée ne provoque pas forcément une infection. L’étude ne mesurait pas les malades, seulement la présence de bactéries susceptibles de poser problème.
Le vrai point faible se situe avant le salon
L’analyse pointe surtout des failles possibles dans la fabrication ou la distribution. Les auteurs estiment qu’il faut des procédures de stérilisation validées, un meilleur contrôle qualité et une surveillance microbiologique plus large, avec des méthodes de culture et des approches moléculaires complémentaires.
Et il y a une autre limite. Le travail repère surtout les bactéries qui poussent facilement en laboratoire. D’autres, plus lentes ou plus exigeantes, ont pu passer sous le radar.
Si vous envisagez un tatouage, ça ne change pas tout, mais ça change quelque chose. On parle moins du dessin que du protocole, de l’hygiène, de l’intégrité de l’emballage et du suivi des rappels produits. Clairement, ce n’est pas un détail.