TDAH chez les femmes, cinq ans perdus qui pèsent sur l’économie

Une femme se tenant les tempes doucement, regardant par une fenêtre avec de la lumière naturelle entrant.
Image d'illustration. Femme regardant par la fenêtre — ADN

Au Canada, les femmes atteintes de TDAH sont souvent diagnostiquées plus tard que les hommes. Un retard qui coûte en qualité de vie, et pas seulement.

  • Les femmes sont diagnostiquées plus tard
  • Les écarts géographiques freinent l’accès aux soins
  • Le coût économique est déjà massif

Cinq ans. C’est, selon une étude récente relayée dans la source, le retard moyen de diagnostic du TDAH chez les femmes par rapport aux hommes au Canada. Cinq années sans traitement, sans explication claire, souvent avec des difficultés qui s’installent. Et ça compte, pour la santé comme pour l’économie.

Cinq années qui ne se rattrapent pas facilement

Le point de départ est simple. Les symptômes du TDAH commencent à un âge comparable chez les filles et les garçons, mais ils ne se voient pas toujours de la même façon. Chez les femmes, la présentation est plus souvent marquée par l’inattention, la distraction, des problèmes d’organisation, mais aussi des pensées et ressentis négatifs. Chez les hommes, les comportements hyperactifs et impulsifs sont, eux, plus visibles.

Résultat, les femmes sont plus souvent mal diagnostiquées, ou diagnostiquées tard. La source résume cette perte très concrètement, en expliquant qu’elles peuvent perdre en moyenne cinq ans de traitement, donc aussi cinq ans d’une vie meilleure. Ce n’est pas anecdotique.

Le code postal pèse encore lourd

On parle beaucoup, à juste titre, des biais de genre. Mais la source insiste sur autre chose, moins visible. L’accès au diagnostic et au traitement dépend aussi de l’endroit où l’on vit.

Dans certaines régions du Canada, le manque de spécialistes, des listes d’attente plus longues, une répartition inégale des cliniciens formés et des différences de couverture entre provinces compliquent le parcours. Pour les communautés rurales et éloignées, l’accès aux services de santé mentale est encore plus réduit. Bref, mieux reconnaître le TDAH ne suffit pas si l’offre de soins ne suit pas.

Un coût massif pour le travail et les services publics

La facture existe déjà. Une étude américaine citée par la source estime le coût social et économique total du TDAH à environ 11,7 milliards d’euros (12,76 milliards de dollars) entre 2018 et 2019. Et 81 % de cette somme vient des pertes de productivité.

Au Canada, ces pertes liées au TDAH sont évaluées entre 6 et 11 milliards de dollars par an. La source avance qu’un accès plus équitable au diagnostic et au traitement pourrait réduire nettement ces coûts. Quand le TDAH est confondu avec l’anxiété, la dépression ou d’autres troubles psychiques, les personnes concernées recourent davantage aux soins et aux services sociaux. Là aussi, le retard finit par coûter plus cher.

La santé mentale comme investissement, pas comme charge

La source reprend enfin l’argument de l’économie du care. L’idée est claire, considérer la dépense de santé comme un simple poids budgétaire rate une partie du tableau.

Les travaux cités montrent que la santé et l’éducation représentent à elles seules 12,3 % du PIB et 21 % de l’emploi rémunéré. Ce secteur ne serait dépassé, en part de PIB, que par l’immobilier, devant la finance, l’industrie manufacturière ou encore le pétrole et le gaz. Pour vous, l’enjeu est concret. Si plus d’adultes cherchent aujourd’hui un diagnostic de TDAH, l’égalité d’accès aux soins ne relève pas seulement de la justice sanitaire. C’est aussi une question d’organisation collective et d’efficacité économique.