Une évaluation menée à Cambridge place le tofu en tête des protéines, loin devant plusieurs produits animaux. Ce qui a pesé dans la balance.
En bref
- Le tofu arrive premier sur 20 sources protéiques
- Les protéines végétales dominent surtout sur l’environnement
- Le cheddar ferme la marche du classement
Ce classement parle de protéines, mais pas seulement. Il parle aussi de santé, de budget et de pression sur la planète, trois critères que l’on sépare souvent au moment de faire les courses.
À l’University of Cambridge, le chercheur en sciences du comportement Chris MacDonald, qui dirige aussi le Better Protein Institute, a comparé 20 aliments riches en protéines. Son objectif n’était pas de désigner l’aliment le plus musclé sur le plan nutritionnel, mais de regarder plus large, avec un score intégrant le bien-être humain, la durabilité et le caractère abordable.
Un classement qui ne juge pas seulement les calories
Dans le palmarès général, les sources végétales arrivent très souvent devant les produits animaux. Le trio de tête réunit le tofu, les graines de chia et les haricots. À l’autre bout, on trouve le cheddar, puis la mozzarella et les côtelettes d’agneau.
Ce n’est pas un hasard. Chris MacDonald explique à BBC Science Focus que le facteur le plus marqué vient des émissions, nettement plus faibles pour les sources végétales.
Pourquoi les protéines végétales prennent l’avantage
Pour mesurer l’impact environnemental, il a comparé ce qu’il faut pour produire 100 g de protéines selon chaque aliment. Quatre variables entrent dans le calcul, avec un ordre différent de celui qu’on voit souvent, l’usage de l’eau, l’occupation des terres, les émissions de gaz à effet de serre et la pollution de l’eau.
Résultat, le tofu arrive premier sur ce critère, devant les graines de chia, le quinoa, les haricots et les graines de tournesol. En bas du tableau, le porc, le bœuf et le cheddar ferment la marche. Le chercheur ajoute qu’il existe un arbitrage éthique perdant-perdant pour la viande et les produits laitiers, car améliorer le bien-être des élevages demande plus de terres agricoles, avec davantage de souffrance animale, sauvage ou d’élevage.
Sur la nutrition, l’écart est moins net
Côté humain, l’étude a regardé l’accessibilité et le prix, mais aussi la qualité nutritionnelle. Chris MacDonald a pris en compte le caractère complet des protéines, donc la présence de tous les acides aminés nécessaires, ainsi que le sel et les graisses saturées.
Là, la frontière entre végétal et animal est moins tranchée. Le blanc de poulet et le thon se classent quatrième et cinquième, tandis que les pois chiches et les noix du Brésil reculent vers le bas de tableau. Mais le tofu reste premier, devant les lentilles puis les haricots.
Le fromage sort très mal du lot
Le dernier trio côté nutrition réunit les côtelettes d’agneau, la mozzarella et le cheddar. Et le cheddar cumule les handicaps. Chris MacDonald le décrit comme mauvais à la fois pour les personnes et pour la planète, avec beaucoup de gras et des émissions élevées.
La liste complète place aussi, dans l’ordre, les cacahuètes, le saumon, les œufs, les noix, le cabillaud ou encore le steak de bœuf entre ces extrêmes. L’idée, derrière ce travail, est de dépasser les étiquettes de supermarché, jugées trop unidimensionnelles, pour mieux comprendre ce que nos choix d’achat impliquent concrètement.