Un gel à base de sucre d’ADN stimule fortement la repousse des cheveux, une avancée inattendue

Image d'illustration. Gros plan de cheveux sains et brillants après greffe réussieADN
Des chercheurs ont mis au point un gel à base de sucre d’ADN capable de stimuler une repousse capillaire notable. Cette avancée inattendue ouvre de nouvelles perspectives pour lutter contre la perte de cheveux, un problème touchant des millions de personnes.
Tl;dr
- Un sucre naturel favorise la repousse des poils chez la souris.
- Le gel de désoxyribose aussi efficace que le minoxidil.
- De nouveaux traitements contre l’alopécie pourraient émerger.
Une piste prometteuse pour l’alopécie
Début 2024, une équipe de chercheurs internationaux a mis en lumière une avancée inattendue dans le traitement de la calvitie héréditaire. Le point de départ ? Une expérience sur un simple sucre naturel, la désoxyribose, composant fondamental de l’ADN. En étudiant les propriétés cicatrisantes de cette molécule sur la peau de souris, des scientifiques issus de l’University of Sheffield et de la COMSATS University au Pakistan ont observé que les animaux traités retrouvaient leur pelage plus rapidement que les témoins.
Des résultats équivalents aux traitements existants
Ce constat fortuit a poussé les chercheurs à tester plus rigoureusement le gel à base de désoxyribose sur des modèles murins atteints d’alopécie androgénétique – le type de calvitie le plus fréquent et complexe à traiter. Les résultats ne se sont pas fait attendre : appliqué quotidiennement, ce gel a permis une repousse « robuste » du pelage, avec des poils longs et épais. Fait notable, les effets étaient comparables à ceux du minoxidil, l’une des rares molécules actuellement validées par la FDA. À titre de comparaison :
- Minoxidil : ralentit la perte, mais reste inefficace chez certains patients.
- Finastéride : réservé aux hommes, peut entraîner des effets secondaires lourds.
- Gel désoxyribose : prometteur, sans toxicité apparente dans ces essais.
Mécanismes et perspectives incertaines
À ce stade, le mécanisme précis demeure flou. Néanmoins, l’équipe a remarqué autour des zones traitées une augmentation visible des vaisseaux sanguins et des cellules cutanées. Comme ils le rappellent : «Plus l’apport sanguin au bulbe pileux est important, plus le diamètre du cheveu augmente et plus la pousse est stimulée.» Cette découverte pourrait ouvrir la voie non seulement à de nouveaux traitements contre l’alopécie, mais aussi à la repousse post-chimiothérapie des cils ou sourcils – encore trop peu explorée par la recherche.
L’étape humaine reste à franchir
Pourtant, ces travaux restent embryonnaires et limités à des souris mâles. De prochaines étapes devraient évaluer l’efficacité potentielle chez d’autres profils – y compris les sujets féminins – avant d’imaginer une transposition chez l’humain. Comme le résume Sheila MacNeil (University of Sheffield) : « Cela reste très préliminaire, mais encourageant et digne d’être approfondi.» Voilà un domaine où, manifestement, il reste beaucoup à inventer.
