Une nouvelle méthode scientifique encourage les enfants à apprécier davantage les légumes

Image d'illustration. Tous les aliments nécessaires à la préparation de la salade "de la petite dame"ADN
Des chercheurs ont découvert une méthode efficace pour encourager les enfants à manger davantage de légumes. Cette avancée pourrait contribuer à améliorer durablement leurs habitudes alimentaires et leur santé dès le plus jeune âge.
Tl;dr
- L’exposition prénatale aux légumes réduit l’aversion infantile.
- Effets perceptibles sur les réactions olfactives à 3 ans.
- Étude de petite taille, résultats à approfondir.
Les racines prénatales des préférences alimentaires
Faut-il déjà songer à l’assiette du futur enfant dès la grossesse ? La question prend un relief inattendu à la lumière d’une récente étude menée par une équipe conjointe de Durham University et Aston University. Ces chercheurs britanniques suggèrent que nos goûts pour certains légumes, souvent difficiles à imposer plus tard, pourraient en fait s’ancrer avant même la naissance. Leur découverte éclaire d’un jour nouveau la façon dont l’exposition prénatale façonne durablement les réactions des tout-petits face aux aliments.
Pendant la grossesse, les saveurs s’invitent déjà
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le fœtus perçoit déjà certaines saveurs et odeurs dès le troisième trimestre de gestation. À partir de la 28e semaine, il est capable de goûter et sentir les composés présents dans le liquide amniotique. C’est sur cette base que les scientifiques ont exposé, via l’alimentation maternelle, des fœtus à de la poudre de carotte ou de chou kale. Des échographies réalisées entre 32 et 36 semaines ont révélé que ces bébés réagissaient différemment selon le légume consommé par leur mère.
Des réactions persistantes chez les jeunes enfants
Trois ans plus tard, l’équipe a retrouvé ces enfants pour évaluer leurs réponses olfactives. Chaque enfant était confronté à deux odeurs – carotte ou chou kale – déposées sur un coton-tige. Les chercheurs notaient alors des expressions faciales positives ou négatives. Résultat : ceux qui avaient été « initiés » in utero à un légume montraient moins d’aversion envers celui-ci, même si le kale, réputé amer, suscitait encore quelques grimaces.
Voici quelques limites notables relevées par l’équipe :
- Taille très réduite de l’échantillon (12 enfants seulement).
- Aucune observation des habitudes alimentaires entre la naissance et trois ans.
- Absence d’analyse des choix alimentaires réels.
Nouvelles pistes pour la santé publique ?
Les implications ne se limitent pas au seul goût. On sait désormais qu’un régime équilibré influence bien au-delà du simple plaisir alimentaire : il touche la longévité, réduit certains risques (cancers, maladies métaboliques) et joue aussi sur la santé mentale. Même si ce travail reste préliminaire – d’autres études plus larges sont attendues –, il offre un nouvel argument pour encourager une alimentation variée pendant la grossesse. Comme le souligne la psychologue Jacqueline Blissett, « ces résultats renforcent l’intérêt d’une exposition prénatale pour améliorer l’acceptation des légumes chez l’enfant ». Mais gare aux conclusions hâtives : génétique, environnement familial ou culture alimentaire jouent également leur partition dans cette symphonie gustative précoce.
