Un stupéfiant illicite multiplierait presque par trois le risque d’AVC chez les moins de 55 ans

Image d'illustration. Infographie des trois signes avant coureurs d un avcADN
Chez les moins de 55 ans, la consommation d’une drogue illicite en particulier serait associée à un risque d’AVC presque trois fois supérieur à celui observé chez ceux qui n’en consomment pas, selon de récentes analyses.
Tl;dr
- Amphétamines : risque d’AVC presque triplé chez les usagers.
- Cocaïne et cannabis augmentent aussi le danger, à divers degrés.
- Données issues de plus de 100 millions de personnes étudiées.
Un lien clair entre drogues récréatives et risque d’AVC
Des conclusions majeures émergent d’une vaste analyse menée par des chercheurs de l’Université de Cambridge, au Royaume-Uni. Leur étude, présentée comme la plus complète sur le sujet, met en lumière la relation directe entre l’usage récréatif de certaines drogues et l’augmentation du risque d’accident vasculaire cérébral (AVC). Ce travail s’appuie sur les données médicales de plus de 100 millions d’individus, compilées à partir d’études antérieures.
Les amphétamines, une menace particulièrement marquée
Au cœur des résultats, les amphétamines apparaissent comme les substances les plus préoccupantes. Selon cette méta-analyse, consommer ces stimulants puissants – parfois désignés sous les noms de rue « meth » ou « ice » – double, voire triple chez les moins de 55 ans, le risque qu’un vaisseau sanguin éclate dans le cerveau. Sur l’ensemble des âges, on observe :
- un risque accru d’AVC ischémique (+137 %),
- et surtout d’AVC hémorragique (+183 %).
Pour autant, il ne s’agit pas d’une fatalité ; l’équipe rappelle que cette élévation du risque ne signifie pas que chaque consommateur subira un AVC.
Cocaïne et cannabis : des dangers confirmés mais distincts
La cocaïne, autre stimulant central du système nerveux, présente également un impact significatif : son usage récréatif presque double le danger global d’AVC, et plus encore pour l’hémorragique. Des analyses génétiques complémentaires évoquent même une relation causale entre addiction à la cocaïne et certains types spécifiques d’AVC.
Concernant le cannabis, la tendance reste préoccupante bien qu’inférieure : l’usage augmente tout de même le risque général d’AVC de 16 %, et celui d’ischémie cérébrale de près de 40 %. Chez les jeunes adultes, ce sur-risque est estimé à 14 %. Les scientifiques notent cependant que ces liens restent moins robustes que ceux observés avec les stimulants.
Nécessité de mieux informer et approfondir la recherche
Face à ces chiffres, la généticienne Megan Ritson juge ce travail comme une preuve « convaincante » du caractère causal du trio amphétamines-cocaïne-cannabis dans la survenue des AVC. Elle regrette néanmoins un manque criant de sensibilisation chez les plus jeunes. Par ailleurs, aucune corrélation n’a été observée entre usage récréatif d’opioïdes et augmentation du risque.
Si certains résultats pourraient encore être influencés par des biais – nombre d’études reposant sur des déclarations personnelles –, l’appel à poursuivre les investigations se fait pressant. Entre consommation d’alcool en excès, facteurs sociaux ou génétiques propres à chacun, il subsiste bien des zones grises qu’il faudra éclaircir pour affiner messages préventifs et stratégies publiques.
