Œil et traitement : un spécialiste détaille le risque rare d’AVC oculaire lié au Wegovy

Image d'illustration.Yeux fatigués avec cernes légersADN
L’« AVC oculaire » est un risque rare lié à la prise de Wegovy, un médicament utilisé pour la perte de poids. Un spécialiste détaille ce phénomène peu courant et explique ses implications pour les patients sous traitement.
Tl;dr
- Wegovy augmente le risque de « AVC oculaire ».
- Les hommes semblent trois fois plus concernés que les femmes.
- L’effet secondaire reste rare malgré l’alerte récente.
Un effet secondaire rare attire l’attention
Soudain, la lumière s’est faite sur un effet indésirable méconnu lié aux injections pour la perte de poids. Des études récentes viennent en effet de relier l’utilisation de Wegovy, traitement à base de sémaglutide, à une augmentation du risque de ce que certains médias qualifient désormais, par commodité, de « AVC oculaire ». Ce terme n’a rien d’officiel en médecine. Il désigne en fait une perte brutale de vision provoquée par une diminution du flux sanguin dans le nerf optique – sans pour autant entraîner engourdissement ou paralysie comme lors d’un AVC classique.
Sous le microscope : sémaglutide et ses risques
La formule injectable de sémaglutide, notamment commercialisée sous le nom de Wegovy, fait aujourd’hui l’objet d’une attention particulière. C’est une large enquête américaine qui a tiré la sonnette d’alarme : sur plus de 30 millions d’effets secondaires passés au crible par la FDA, environ 31 774 étaient liés au semaglutide. Mais c’est bien Wegovy qui se distingue par un lien nettement plus fort avec la neuropathie ischémique optique antérieure non artéritique (NAION), le terme médical exact. À dose maximale plus élevée que celle d’Ozempic, un autre médicament injectable du même principe actif, Wegovy multiplierait ainsi près de cinq fois le risque de « AVC oculaire ».
Mécanismes et facteurs aggravants
Derrière cette complication potentielle, plusieurs éléments sont avancés. La rapidité avec laquelle Wegovy entraîne une perte de poids serait en cause, tout comme sa capacité à modifier l’équilibre hormonal. Les experts rappellent aussi que l’œil dépend d’un réseau vasculaire extrêmement délicat. Toute chute notable de la pression artérielle — possible avec ces traitements — peut entraver l’apport sanguin au nerf optique. Quant aux formes orales du médicament (comme Rybelsus), elles ne semblent pas associées au même danger, preuve que la voie d’administration influe.
Parmi les observations majeures du travail des chercheurs :
- Les hommes présentent un risque triplé comparé aux femmes.
- L’incidence globale demeure très faible au regard du nombre total d’utilisateurs.
- Aucune relation causale ferme n’a été officiellement établie à ce jour.
Nécessité de recherches approfondies et vigilance accrue
Même si la perspective inquiète, il convient donc de relativiser : ces événements restent exceptionnels, selon les scientifiques. Les spécialistes appellent cependant à des études cliniques rigoureuses pour identifier précisément les profils à risque et établir des recommandations sur les doses sécuritaires. Dans ce contexte, le laboratoire Novo Nordisk, fabricant des médicaments concernés, déclare rester vigilant tout en affirmant que le bilan bénéfice/risque du sémaglutide demeure favorable selon les données actuelles : « La sécurité des patients est notre priorité absolue… Nous surveillons constamment nos produits et collaborons avec les autorités sanitaires mondiales. »
Face à une utilisation croissante chez des patients parfois jeunes ou vulnérables, cette alerte souligne combien chaque progrès médical nécessite suivi attentif et adaptation constante des pratiques.
