Alzheimer : un nouveau médicament bientôt autorisé aux États-Unis
Pris très tôt, il permettrait de ralentir la maladie, mais des experts jugent ses effets "modestes" et accompagnés d'effets secondaires.
Il s’appelle le donanemab, et c’est en 2023 qu’il devrait obtenir le feu vert des autorités sanitaires aux États-Unis.
Mis au point par le groupe pharmaceutique Eli Lilly, c’est la publication lundi des résultats complets d’un essai clinique de grande ampleur qui pourrai lui valoir cette autorisation.
Des experts se disant « prudents »
C’est en particulier quand il est pris très tôt que la molécule ralentirait la progression de la maladie. Pour autant, des experts avancent que les bénéfices demeurent « modestes » et s’accompagnent d’effets secondaires potentiellement dangereux.
Eli Lilly dit attendre une décision des autorités sanitaires américaines « d’ici la fin de l’année », et fait part de dépôts de demandes dans d’autres pays.
Le médicament attaque les plaques amyloïdes
L’Agence américaine des médicaments (FDA) a donné son feu vert il y a quelques semaines à un traitement similaire contre la maladie, le Leqembi.
Comme ce dernier, le donanemab est administré par intraveineuse et s’attaque aux plaques amyloïdes dans le cerveau de patients atteints.
Un essai dans huit pays
L’essai d’Eli Lilly a été mené au sein de huit pays, et s’est basé sur plus de 1 700 personnes âgées de 60 à 85 ans, n’ayant pas encore atteint un stade avancé de la maladie. C’est la revue scientifique Jama qui a relayé les résultats lundi 17 juillet.
D’un côté, et pour sous-groupe d’environ 1.200 personnes, le traitement a permis une réduction du déclin cognitif et fonctionnel de 35 % sur 18 mois. Mais de l’autre, des effets secondaires graves comme des œdèmes ou hémorragies cérébrales, peuvent survenir. L’étude indique à ce propos que trois décès de participants à l’essai sont vraisemblablement liés au traitement.
« Une percée importante »
Susan Kohlhaas, de l’organisation britannique Alzheimer’s Research UK, a indiqué que ces traitements ne sont « pas parfaits mais ils sont un grand pas dans la bonne direction ».
Même son de cloche du côté de Giles Hardingham, professeur de pharmacologie à l’université d’Edimbourg, lequel affirme qu’« Ils représentent une percée importante qui va ouvrir la voie à de nombreux futurs traitements ».
