Le dépistage du cancer colorectal commence à 45 ans. Mais antécédents, maladies inflammatoires ou symptômes peuvent justifier un test bien avant.
- Le dépistage standard commence à 45 ans
- Certains profils doivent tester plus tôt
- Des symptômes imposent de ne pas attendre
À 45 ans, le dépistage du cancer colorectal devient la règle. Mais pas pour tout le monde. Et c’est là que le sujet devient concret.
Selon un rapport de l’American Cancer Society, environ 153.020 personnes devaient recevoir ce diagnostic en 2023. Parmi elles, près de 13% avaient moins de 50 ans, et 3.750 devaient en mourir. Plus frappant encore, la part des diagnostics chez les moins de 50 ans a doublé entre 1995 et 2019, passant de 11% à 20%.
Le repère des 45 ans ne suffit pas à tout le monde
Le seuil de 45 ans reste la recommandation générale. Richard Goldberg, du West Virginia University Cancer Institute et aussi rédacteur de la section cancers digestifs pour UpToDate, rappelle quand même que la majorité des nouveaux cas, environ 75%, concerne encore les plus de 50 ans.
Pourquoi ne pas dépister tout le monde plus tôt ? Parce que cela coûterait cher et demanderait beaucoup de gastro-entérologues pour réaliser un grand volume d’examens, dont la plupart seraient normaux. Bref, l’enjeu n’est pas seulement médical, il est aussi très pratique.
Les profils à risque qui changent la donne
Chez certains patients, attendre 45 ans n’a pas beaucoup de sens. Les syndromes héréditaires de prédisposition au cancer, comme le syndrome de Lynch ou la polypose adénomateuse familiale, font partie des situations les plus à risque.
Dans ces cas, explique Richard Goldberg, les médecins peuvent commencer le dépistage dès le milieu de l’adolescence, car des cancers peuvent apparaître tôt. Même logique pour les personnes atteintes de maladie de Crohn ou de rectocolite hémorragique, surtout quand l’inflammation dure depuis des années ou reste mal contrôlée.
Autre signal fort, les antécédents familiaux. Si un parent, un frère, une sœur ou un enfant a eu un cancer colorectal, le risque grimpe, encore plus si le diagnostic est survenu jeune. Dans ce cas, il peut être pertinent de commencer les examens dix ans avant l’âge du plus jeune proche touché.
Des symptômes à ne pas balayer, même avant 45 ans
La perte de poids involontaire, le sang dans les selles, des selles très fines, des douleurs abdominales, ou encore des nausées et vomissements peuvent justifier un test, même avant 45 ans. Liudmila Schafer, oncologue à l’University of Arkansas for Medical Sciences, relie notamment l’amaigrissement à l’inflammation provoquée par le cancer.
Mais il y a un piège. Richard Goldberg note que chez les plus jeunes, ces signes sont parfois moins pris au sérieux, avec l’idée tenace que ce cancer serait surtout celui des personnes âgées. Il ajoute, en parlant des patients jeunes, qu’« ils doivent souvent insister pour obtenir des examens et un diagnostic à temps ».
Et parfois, il n’y a pas de signe du tout. C’est particulièrement vrai pour certaines tumeurs situées du côté droit du côlon, qui peuvent évoluer longtemps sans blocage visible.
Ce qui peut peser sur le risque, et les options de dépistage
L’obésité, le tabac, une forte consommation d’alcool, la sédentarité, mais aussi un accès limité aux tests ou à l’assurance santé peuvent peser sur le risque. Richard Goldberg cite aussi une prévalence plus élevée chez les Yupik Eskimos aux États-Unis.
Côté prévention, l’article source évoque une alimentation plus riche en fibres et moins chargée en graisses animales, ainsi qu’un poids plus bas et une activité physique régulière. Pour le dépistage, plusieurs outils existent, de la coloscopie aux tests de selles, en passant par des tests sanguins ADN, des scanners spécialisés ou la sigmoïdoscopie. Ce que ça change pour vous ? Connaître vos facteurs de risque et vos symptômes peut éviter d’attendre le mauvais anniversaire.