Cancer du foie, un tueur qui progresse et reste souvent évitable

Une silhouette humaine artistique entourée d'aliments bénéfiques pour le foie et sa fonction.
Image d'illustration. Représentation artistique de la santé du foie — ADN

Le cancer du foie grimpe vite, alors qu’une large part des cas pourrait être évitée. Le vrai problème, c’est qu’il reste trop souvent invisible au départ.

  • Le cancer du foie augmente rapidement
  • 60% des cas seraient potentiellement évitables
  • Le diagnostic arrive souvent trop tard

Le point qui frappe, c’est celui-ci : au moins 60% des cancers primitifs du foie pourraient être évités en agissant sur des facteurs connus. Et pourtant, ce cancer continue de monter. Au Royaume-Uni, il provoque plus de 6 000 décès par an. Dans le monde, il représente déjà la troisième cause de décès par cancer.

Un cancer en hausse, sur fond de maladie du foie méconnue

Derrière ce chiffre, il y a un problème plus large. La plupart des cancers du foie apparaissent chez des personnes ayant une maladie chronique du foie. Or les estimations citées par la Dre Nekisa Zakeri, de Queen Mary University of London et du Barts Cancer Institute, suggèrent qu’environ un adulte sur trois dans le monde vit avec une forme de maladie hépatique.

Le piège, c’est le silence des débuts. Au stade précoce, la maladie du foie reste souvent légère, parfois sans gêne évidente. Mais chez certaines personnes, elle progresse vers des lésions plus sévères, avec un risque accru de cancer. Résultat ? Beaucoup ne savent même pas qu’elles sont concernées.

Le risque ne tombe pas du ciel

Les causes les plus fréquentes sont bien identifiées : obésité, diabète de type 2, consommation excessive d’alcool et hépatites virales. Le foie a une capacité de récupération assez remarquable quand les changements arrivent tôt, ce qui rend la prévention crédible, pas théorique.

Réduire fortement l’alcool ou l’arrêter, cesser de fumer, limiter les aliments ultra-transformés, garder une alimentation équilibrée et bouger davantage peuvent faire baisser le risque de maladie du foie, mais aussi celui d’autres cancers et des maladies cardiovasculaires. Bon, il faut le préciser : cela ne veut pas dire que tout relève du choix individuel.

Le retard au diagnostic pèse lourd

Une autre difficulté, moins visible, tient à la stigmatisation. La maladie du foie est encore perçue par certains comme « auto-infligée », ou réservée à certains groupes. Cette vision peut retarder la demande d’aide, et même peser sur la priorité donnée à ces pathologies dans le système de soins.

Vous avez aussi le problème des signes tardifs. Comme pour la maladie du foie, le cancer du foie est souvent découvert à un stade avancé, quand apparaissent une perte de poids involontaire, une fatigue persistante, une baisse d’appétit, des douleurs ou un gonflement de l’abdomen, ou un jaunissement de la peau et des yeux. En présence de facteurs de risque, notamment alcool régulier, obésité ou diabète de type 2, un échange avec le médecin généraliste sur un dépistage de la maladie du foie fait partie des pistes évoquées par la source.

Sans action publique, la courbe ne se retournera pas

Mais la tendance ne s’inversera pas avec la seule bonne volonté des patients. La source plaide pour des réformes publiques : encadrement de la publicité pour l’alcool et les produits malsains, surtout auprès des plus jeunes, avertissements sanitaires et fiscalité adaptée sur l’alcool et les aliments ultra-transformés.

L’alcool est classé comme cancérogène, y compris à faible niveau de consommation. En Écosse, l’introduction d’un prix minimum par unité d’alcool a été associée à une baisse marquée des décès directement causés par l’alcool. Il faudrait aussi financer davantage les services d’addictologie, développer les contrôles de santé du foie dans les territoires les plus fragiles socialement, et élargir l’accès au dépistage des hépatites. L’hépatite C peut aujourd’hui être guérie par traitement, et la vaccination contre l’hépatite B réduit le risque d’infection et, derrière, de cancer du foie. Or, selon la source, le monde n’est pas sur la bonne trajectoire pour l’objectif de l’Organisation mondiale de la Santé d’élimination des hépatites virales d’ici à 2030. Ce que ça change pour vous est simple : mieux repérer les risques tôt reste, ici, la vraie bataille.