En Espagne, les cancers chez les 20-50 ans augmentent. Les chercheurs regardent de plus en plus l’exposome, ce que notre environnement laisse dans le corps.
En bref
- Les cancers précoces progressent en Espagne
- L’exposome mesure l’empreinte de l’environnement
- Le lien avec le cancer reste étudié
En Espagne, les cancers diagnostiqués entre 20 et 50 ans augmentent. C’est ce signal qui pousse une partie de la communauté scientifique à regarder au-delà de la seule génétique, vers un autre terrain, plus diffus mais très concret, l’environnement et le mode de vie.
Le mot qui revient dans ces travaux, c’est l’exposome. En gros, il désigne la trace laissée dans l’organisme par tout ce qui nous entoure et nous accompagne au fil du temps.
Un mot pour désigner tout ce que l’on accumule
L’exposome recouvre deux grandes familles. D’un côté, l’exposome personnel, lié à des éléments comme l’alimentation, le sommeil, le travail, l’activité physique, le tabac, l’exposition à des produits chimiques ou encore le cadre social. De l’autre, l’exposome externe, davantage rattaché au bruit, à la circulation, à la lumière, aux espaces verts, au climat et à la pollution de l’air en milieu urbain.
L’idée n’est pas neuve, mais elle prend du poids parce qu’elle permet de penser la santé non pas facteur par facteur, mais comme un ensemble d’expositions qui s’additionnent, se croisent et parfois se renforcent.
Pourquoi ce concept intéresse autant la recherche sur le cancer
Ces expositions peuvent déclencher des réponses biologiques dans le corps. Les recherches citées évoquent des effets possibles sur le microbiote intestinal, l’expression des gènes, l’inflammation, le stress, l’âge biologique, mais aussi sur des mécanismes métabolomiques et épigénétiques.
Dit autrement, l’exposome sert de cadre pour étudier comment le quotidien finit par laisser une empreinte mesurable. Et c’est précisément ce qui intéresse les équipes qui travaillent sur les cancers chez les personnes jeunes.
Des signaux sur plusieurs cancers, mais pas encore une preuve de cause
Une étude publiée en 2026 dans Nature a mis en évidence des différences liées aux facteurs environnementaux et au mode de vie entre des patients atteints d’un cancer colorectal avant 50 ans et d’autres diagnostiqués après 70 ans.
Une autre recherche de 2026, également parue dans Nature, a analysé 619 indicateurs d’exposition et 305 caractéristiques de santé. Son constat compte pas mal de conséquences pour la suite : les expositions sont interconnectées, ce qui rend très difficile l’identification d’un seul facteur responsable d’un effet donné.
Enfin, une étude limitée publiée en 2025 dans JNCI Cancer Spectrum a relié une approche par l’exposome à six types de cancers, dont ceux du sein, du sang, du poumon et colorectal. Plusieurs de ces cancers ont justement été observés plus souvent chez des personnes jeunes ces dernières années.
Mais il faut rester rigoureux. Ces travaux suggèrent des associations, pas une cause certaine. Pour vous, l’enjeu est là : la recherche affine ses outils pour comprendre pourquoi certains cancers apparaissent plus tôt, sans encore pouvoir trancher définitivement.