Des polluants éternels associés à la sclérose en plaques selon une étude inquiétante

Image d'illustration. Impact des pfas sur l'environnement et la santé.ADN
Une étude récente met en lumière une association inquiétante entre les substances chimiques persistantes, souvent appelées « polluants éternels », et la sclérose en plaques, suscitant de nouvelles interrogations sur leurs effets potentiels sur la santé humaine.
Tl;dr
- Les « polluants éternels » liés à un risque accru de SEP.
- Le mélange de PFAS et PCBs double ce risque.
- L’interaction gènes-environnement s’avère cruciale pour la maladie.
Des polluants éternels partout, et leurs conséquences
Dans notre environnement quotidien, les « polluants éternels », ces substances chimiques résistant à toute dégradation naturelle, se retrouvent désormais dans l’eau, l’alimentation, le sang et même au cœur de nos tissus. Utilisées massivement depuis les années 1950 dans les ustensiles antiadhésifs, textiles anti-taches ou encore cosmétiques, ces molécules – scientifiquement appelées PFAS (per- et polyfluoroalkylées) – s’accumulent lentement dans nos organismes. Leur omniprésence inquiète de plus en plus la communauté scientifique, tant les indices reliant certains PFAS à des effets sanitaires défavorables se multiplient.
Une étude suédoise éclaire la sclérose en plaques
C’est en Suède que des chercheurs de l’Université d’Uppsala ont décidé d’explorer le lien potentiel entre ces polluants éternels et la progression de la sclérose en plaques (SEP), une maladie auto-immune du système nerveux central dont l’origine reste mystérieuse. En analysant le sang de 907 patients récemment diagnostiqués et autant de témoins sains, ils ont mesuré la présence de 24 composés PFAS ainsi que celle de sept sous-produits issus des PCB (polychlorobiphényles), d’autres polluants persistants.
Les résultats sont sans appel : une concentration élevée de ces substances augmente significativement le risque d’être atteint par la SEP. Parmi les substances pointées du doigt, deux sortent du lot : le PFOS et certains dérivés hydroxylés des PCB (notamment 4-OH-CB187 et 3-OH-CB153).
Mélanges toxiques et interactions génétiques
Mais il y a plus troublant encore. L’équipe menée par le chimiste clinique Kim Kultima note que c’est surtout l’exposition simultanée à plusieurs composés – cette fameuse « toxicité synergique » évoquée depuis longtemps – qui double pratiquement le risque d’être diagnostiqué avec une SEP. Selon Kultima : « Les personnes présentant les concentrations les plus élevées de PFOS ou de PCBs présentaient environ deux fois plus de chances d’avoir une sclérose en plaques que celles exposées aux plus faibles doses. »
Autre découverte saisissante : certaines prédispositions génétiques supposées protectrices peuvent être annihilées si l’individu est fortement exposé à ces contaminants. Ainsi, des participants porteurs d’un variant génétique associé à un moindre risque voient leur probabilité multipliée par quatre en cas d’exposition importante au PFOS.
Voici quelques points clés mis en avant par les chercheurs :
- L’effet cocktail : Les mélanges de PFAS et PCBs accroissent le danger.
- Bouclier génétique fragilisé : L’environnement peut neutraliser une protection héréditaire.
Pistes ouvertes pour la recherche et la prévention
Cette étude interpelle quant à la nécessité absolue de considérer les combinaisons chimiques présentes dans notre environnement quotidien, mais aussi leur interaction complexe avec nos patrimoines génétiques. Comme le souligne l’auteure principale Aina Vaivade, « pour comprendre l’impact des PFAS sur l’humain, il faut étudier leurs associations plutôt qu’un seul composé isolément. » Une avancée décisive pour tenter enfin d’expliquer l’augmentation globale – +26 % en trente ans – du nombre de cas recensés dans le monde.
