Ce programme sportif après un cancer réduirait mortalité et rechutes, révèle une étude

Image d'illustration. Gros plan de chaussures de sport frappant le trottoir
Image d'illustration. Gros plan de chaussures de sport frappant le trottoir — ADN

Une récente étude révèle qu’un programme d’activité physique mis en place après un cancer permettrait de réduire à la fois le risque de récidive et le taux de mortalité chez les patients concernés, soulignant l’importance du sport dans la convalescence.

  • L’exercice structuré réduit le risque de récidive du cancer.
  • Les patients actifs vivent plus longtemps après traitement.
  • L’intégration de l’activité physique est désormais recommandée.

Des avancées majeures dans la prise en charge du cancer

Au fil des ans, les bénéfices de l’activité physique régulière n’ont cessé de se confirmer. Aujourd’hui, une étude internationale publiée dans le New England Journal of Medicine vient bouleverser les pratiques en démontrant que l’exercice structuré pourrait transformer la prise en charge des patients atteints d’un cancer du côlon. Ce vaste essai clinique a suivi près de 900 personnes – toutes opérées et traitées par chimiothérapie pour un stade II ou III – réparties entre un groupe bénéficiant d’un accompagnement sportif personnalisé, et un autre recevant seulement les soins habituels.

L’exercice, une « prescription » à part entière ?

Les résultats interpellent : selon l’étude, les patients engagés dans ce programme ont vu leur risque de récidive ou d’apparition d’un nouveau cancer baisser de 28 %. Plus saisissant encore, leur probabilité de décès toutes causes confondues a chuté de 37 % sur huit ans. En parallèle, leurs capacités cardiovasculaires se sont nettement améliorées, comme l’attestent les tests d’endurance réalisés pendant le suivi. Ces chiffres confirment ce que la communauté scientifique pressentait sans pouvoir jusqu’ici l’affirmer aussi nettement : l’exercice encadré, loin d’être un simple adjuvant au bien-être, joue un rôle clé dans la prévention et la survie post-cancer.

Des recommandations amenées à évoluer

Interrogée sur ces avancées, la Dre Leana Wen, spécialiste reconnue aux États-Unis, souligne l’importance d’une prise en charge globale. Selon elle, il ne suffit plus désormais de suggérer vaguement aux patients de « bouger davantage ». Un accompagnement personnalisé – voire une véritable « prescription d’activité physique » – serait nécessaire. Plusieurs experts plaident aussi pour un remboursement des séances de coaching sportif par les assurances santé. Cette orientation pourrait alléger le coût global du traitement tout en améliorant significativement la qualité de vie et les chances de rémission.

L’impact physiologique sous la loupe

Pourquoi cette efficacité ? L’explication tiendrait à plusieurs mécanismes. Voici quelques actions fondamentales mises en avant par les chercheurs :

  • Régulation hormonale (insuline, œstrogènes) limitant la croissance tumorale.
  • Diminution des inflammations chroniques, facteurs connus d’aggravation du cancer.
  • Renforcement du système immunitaire, facilitant l’élimination des cellules anormales.
  • Maintien d’un poids santé, déterminant dans la prévention des récidives.

Ce faisceau d’effets convergents fait aujourd’hui de l’activité physique structurée une arme non médicamenteuse incontournable face au cancer – une petite révolution discrète mais lourde de conséquences pour le parcours des malades.